Y aura-t-il encore des poissons à Noël ?

Ça a commencé comme ça…
Il y a eu la découverte d’Ota Pavel, de sa vie, et de ses textes, qui jamais encore n’avaient été traduits en français…
Il y a eu ces textes, nombreux, que Barbora Faure a lu, choisi et traduit, du tchèque vers le français…
Il y a eu ces deux poissons enlacés sur fond bleu que Mr Thornill, graphiste, a réalisé pour la couverture du livre…
Il y a eu l’œil pétillant des représentants quand je leur ai parlé d’Ota Pavel au cours des cinq minutes, au plus, qui m’étaient accordées pour présenter le livre à paraître cinq mois plus tard…
Il y a eu les demandes, nombreuses, de libraires qui voulaient lire le livre, et qui l’ont lu…
Il y a eu tous ces libraires qui, dès sa parution, début octobre l’année dernière, l’ont aimé, l’ont commandé, l’ont proposé, l’ont exposé, l’ont conseillé, l’ont recommandé…
Il y a eu la librairie Vendredi, de Paris : « C’est le seul livre pour lequel nous avons fait une pile. C’est déjà un livre de fonds… »
Il y a eu la librairie Le Marque Page, de Choisy-le-Roi : « Ce livre est jubilatoire, Erri De Luca a raison ! »…
Il y a eu la librairie La Forge, de Marcq-en-Bareul : « Sans doute ma plus belle découverte de cette rentrée littéraire »…
Il y a eu la librairie La Maison des feuilles, de Nérac : « Je fais comment, moi, maintenant pour lire autre chose d’aussi bien ? »…
Il y a eu la librairie La Procure d’Étincelles, d’Annecy : « C’est un texte dont nous parlons beaucoup dans notre librairie. Il est sculpté dans l’étoffe de la vie, et mène à l’essentiel avec subtilité »…
Il y a eu la librairie Le Chant de la terre, de Pont Saint Esprit : « C’est un très beau livre, drôle, touchant, mélancolique. On en redemande ! »…
Il y a eu, un matin de décembre, l’appel de la librairie Le Square, de Grenoble, simplement pour remercier d’avoir publier ce livre, et qui l’a mis ensuite dans sa sélection de Noël…
Il y a eu la librairie Tropiques, de Paris ; Millepages, de Vincennes ; Lucioles, de Vienne ; Le Texte libre, de Cognac ; Point Virgule, de Namur ; Forum Harmonia Mundi, en Arles…
Il y a eu beaucoup d’autres témoignages de libraires et de lecteurs, qui se reconnaîtront…
Il y a eu la librairie Olympique, de Bordeaux, qui l’a conseillé, à la radio, pour passer un Noël épatant, un premier de l’an magnifique et un début d’année extraordinaire : « Si pour les fêtes vous avez envie de vous promener dans le bonheur, lisez à vos convives, entre les plats, quelques pages de ce livre »…
Alors, déjà, il n’y a eu presque plus de livres à Noël…
Il y a eu, un matin de janvier, ce message de la librairie Audé, de Paris : « Grâce à des confrères libraires, j’ai entendu parler de votre livre phénomène »…
Il y a eu, un matin de février, ce message de la librairie Rue de Verneuil, d’Annecy, alors en vacances à Paris : « J’ai déjeuné avec le directeur commercial de ma maison d’édition préférée qui me dit : « Geneviève Brisac m’a offert un livre qu’elle me dit être exceptionnel et drôle, est-ce que vous connaissez ce titre ? » Quel éditeur ? Éditions do ? Mais comment se fait-il que cela ne me parle absolument pas ? »…
Il y a eu, dix minutes plus tard, ce même matin de février, cet appel de… Geneviève Brisac, simplement pour remercier d’avoir publié ce livre, et disant aussi, parole d’éditrice : « Il est en train de trouver ses lecteurs »…
Il y a eu, un matin d’avril, cet appel de France 2 disant : « Un libraire va présenter l’un de vos livres dans l’émission Télématin »…
Il y a eu, un matin de mai annoncé, le 16, l’émission Télématin, mais… ce n’était pas le bon libraire…
Il y a eu, un matin de mai annoncé, le 30, l’émission Télématin et là, c’était le bon libraire, Nicolas, de la librairie Audé, qui disait tout le bien qu’il pensait de ce livre (phénomène) : « Ce roman, parole de libraire, il est unique… On en sort illuminé. »
Il y a eu, un matin de mai annoncé, le 30, l’émission Télématin, et là, c’était le journaliste qui rajoutait, preuve qu’il en avait : « Il faut l’avoir dans votre bibliothèque… je n’ai pas de mots… vous avez compris mon enthousiasme »…
Il y a toutes ces librairies qui, souvent l’ayant découvert à ce moment-là, l’ont choisi dans leur sélection de l’été…
Il y a eu toutes les bibliothèques qui en ont fait l’acquisition et en ont fait leur coup de cœur…
Il y a ce courrier reçu du groupement de librairies Initiales informant que le livre figurait parmi les trois finalistes de leur prix Mémorable 2017
Il y a eu ce jour, récent et émouvant pour l’éditeur, où il a appris que la traductrice d’Ota Pavel était la fille de la traductrice de plusieurs textes de Bohumil Hrabal, en particulier de cet autre livre formidable qui a pour titre Les Noces dans la maison
Alors voilà, ça a commencé comme ça, et grâce à toutes et à tous, des amis la liste s’est bien allongée, et ça continuera bien au moins encore jusqu’à Noël, non ?
En tout cas, merci.
Do.