À propos

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Les éditions do
Il s’agit toujours, par les livres, de rendre le monde, et tout le monde, plus grand que ce que nous en connaissions. Et puis il y a aussi ce joli mot d’hospitalité qui résonne aujourd’hui avec toujours plus d’importance. Deux raisons essentielles pour lesquelles sont nées, en 2015, les éditions do, afin d’accueillir, avec l’indispensable complicité des traducteurs, diverses voix, venues de différentes langues, d’étranges étrangers.
L’hospitalité est, pour l’éditeur, une attention à l’autre — l’écrivain & le lecteur — qui passe par l’importance accordée à toutes les étapes de la confection d’un livre : la qualité de la traduction, la typographie & la mise en page, le graphisme, l’impression. Enfin, pour préciser ces raisons essentielles, il faut quelques citations.
Un entretien radiophonique, diffusé en deux épisodes en mars et avril 2017, réalisé par une lectrice curieuse et enthousiaste avec un éditeur qui ne l’est pas moins, peut être écouté via ces liens. → écouter la première partie  → écouter la seconde partie
« Je me contente de constater combien, pour la plupart de ceux qui traduisent au nom d’une impérieuse et intime nécessité, la traduction demeure un des lieux où s’éprouve avec une grande concrétude une altérité que le quotidien semble avoir nivelée, ou exacerbée jusqu’à la caricature. » Bernard Simeone, Écrire, traduire, en métamorphose, éditions Verdier
« Nous nous bombardons réciproquement sans aucun égard, nous nous envoyons bouler en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, répétant que nous sommes trop différents pour nous comprendre. Pendant ce temps, je me place devant ma bibliothèque, je regarde la littérature du monde entier dont les ouvrages, traduits ou pas, parlent la même langue. La langue de la compréhension. La langue de la connaissance. Peut-être n’a-t-il jamais été plus important que maintenant de laisser la littérature quitter son pays d’origine et voyager à travers le monde. » Johan Harstad, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
« … c’est la force des liens établis avec les textes du monde qui m’installe constamment dans une aire de transit, moi qui ne bouge pourtant pas beaucoup. […] C’est comme si j’étais la plupart du temps en voyage en dehors de moi-même, moi qui suis plutôt sédentaire. » Emna Belhaj Yahia
« Le voyage (« réel » ou livre à la main) pour démolir des certitudes et continuer à se poser des questions. Ou, au moins, pour nous apprendre à regarder, nommer ou décrire autrement ce que nous croyons déjà savoir. » Eduardo Berti, traduit de l’espagnol (Argentine) par Jean-Marie Saint-Lu
« C’est bien connu, d’ailleurs même les critiques littéraires vous le diront : les gens n’ont plus le temps de lire des nouvelles, alors ils lisent des pavés. » Claro, Le clavier cannibale
« Je ne crois pas que tous les livres vont ou doivent migrer sur écran ; comme me l’a fait un jour remarquer Douglas Adams, plus de vingt ans avant l’apparition du Kindle, le livre physique est comparable au requin. Les requins sont anciens : il y avait des requins dans l’océan avant les dinosaures. Et la raison pour laquelle les requins existent encore, c’est qu’ils sont de meilleurs requins que n’importe quoi d’autre. Les livres physiques sont solides, difficiles à détruire, ils résistent aux bains, fonctionnent à la lumière solaire et sont agréables en main : ils excellent à être des livres, et ils existeront toujours. » Neil Gaman, Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination, traduit de l’anglais par Patrick Marcel, éditions Au Diable Vauvert
« Fernando Savater dit que les personnes qui ne comprennent pas le charme des citations sont souvent celles qui ne perçoivent pas ce qu’il y a de juste, d’équitable et de nécessaire dans l’originalité. Parce que c’est en citant que l’on peut et doit être véritablement original. (…) Je partage tout à fait le point de vue de Savater quand il dit que les maniaques de l’anti-citation connaissent les destins les moins souhaitables pour un écrivain : le respect des usages et les textes de circonstances, autrement dit les deux pires variantes du cliché. Citer, c’est respirer la littérature pour ne pas étouffer parmi les clichés traditionnalistes et circonstanciels qui viennent au fil de la plume quand on s’obstine dans cette vulgarité suprême : «  Ne rien devoir à personne. » Car au fond, celui qui ne cite pas ne fait que répéter mais sans le savoir ni l’avoir voulu.Enrique Vila-Matas, Journal volubile, traduit de l’espagnol par André Gabastou
« Un traducteur traduit avec ses mots à lui et donc, le livre est à la fois entièrement le sien et pas du tout le sien. J’aime le paradoxe qu’implique cette position entre deux textes, entre deux pays, entre deux langues, entre deux cultures et entre deux pages. » Eric Boury, traducteur de l’islandais
« Les trois quarts des livres de la rentrée ne seront pas sur des listes et n’auront aucune ou très peu de presse. Leur existence sera précaire, hasardeuse, catastrophique – leurs lecteurs seront rares, tardifs, aléatoire, mais, qui sait ?, précieux, patients, ardents. » Claro, Le clavier cannibale
« Plutôt que de suivre sa “ligne éditoriale”, un bon éditeur devrait la précéder. Et puis cette « ligne éditoriale », comme beaucoup de choses, est un mythe. Une “bonne ligne éditoriale”, ce sont des livres qu’un éditeur estime bons. Pas seulement ou pas forcément ceux qui correspondent à son unique sensibilité. Il peut y avoir une différence entre les livres qu’un éditeur publie et les livres qu’il adore et qui le comblent en tant que lecteur. Évidemment, les deux se rejoignent parfois. Il me semble qu’un éditeur devrait être ouvert, curieux. La variété, encore une fois. Avec comme fil rouge, la qualité. Celle-ci aussi pouvant être d’ordre divers. Bref, la véritable “ligne éditoriale”, ce sont les auteurs publiés. » Le mythe de la ligne éditoriale Alice de Poncheville sur le blog La ficelle
« On suppose qu’un livre va se vendre, parce qu’on l’a publié, parce qu’on l’aime bien, et on suppose que d’autres personnes vont l’aimer, mais en réalité, la vente d’un livre reste quelque chose qui est tout à fait irrationnel. J’ai beau le savoir de longue date, j’en suis toujours étonné.» Éric Losfeld, Endetté comme une mule, éditions Tristram

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