À propos

Les éditions do
Les éditions do sont nées du désir de faire entendre des voix nouvelles venues de différentes langues, en particulier en regardant du côté des formes courtes… 
Il s’agit toujours, par les livres, de rendre le monde, et tout le monde, plus grand que ce que nous en connaissions. Et puis il y a aussi ce joli mot d’hospitalité qui résonne aujourd’hui avec toujours plus d’importance. Deux raisons essentielles pour lesquelles sont nées, en 2015, les éditions do, afin d’accueillir, avec l’indispensable complicité des traducteurs, diverses voix, venues de différentes langues, d’étranges étrangers.
L’hospitalité est, pour l’éditeur, une attention à l’autre — l’écrivain & le lecteur — qui passe par l’importance accordée à toutes les étapes de la confection d’un livre : la qualité de la traduction, la typographie, la mise en page & le graphisme (le talent de Mr Thornill accompagne harmonieusement les éditions do, comme il a accompagné tant d’autres projets réalisés ensemble depuis plus de quinze ans), l’impression. 
Un entretien radiophonique, diffusé en deux épisodes en mars et avril 2017, réalisé par une lectrice curieuse et enthousiaste avec un éditeur qui ne l’est pas moins, peut être écouté via ces liens. → écouter la première partie   écouter la seconde partie
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On a beau savoir que cela va être très difficile, qu’on a de très bonnes chances de ne jamais décoller, que si on décolle on a des chances meilleures encore de se rater à l’atterrissage, on a beau savoir tout cela, on y va quand même (sur la photo, c’est l’atterrissage, preuve quand même qu’on a décollé).

Ou bien.
« Avoir du courage en sachant dès le départ qu’on sera battu et aller au combat : voilà ce que c’est que la littérature. » Citation de Roberto Bolaño (écrivain) pêchée chez Enrique Vila-Matas (écrivain) par Dominique Nédellec (traducteur) et envoyée aux éditions do (c’est aussi ça la littérature).

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Les éditions do & les librairies
Il y a des voyages que vous ne regrettez pas d’avoir fait. Ainsi celui du 15 novembre 2018. Vers la librairie Myriagone, sise à Angers. Où les éditions do ont eu l’honneur et le plaisir d’être invitées. Où elles ont été accueillies avec générosité, enthousiasme, chaleur. Par M. Myriagone, dont les yeux pétillent. Par M. Myriagone, dont les yeux pétillent quand il parle des livres. De retour d’une librairie comme une île enchantée dont rêvent tous les éditeurs. Tous ? Non, car tous les livres de tous les éditeurs ne s’y trouvent pas. Tous les mêmes livres de tous les mêmes éditeurs ne s’y trouvent pas. M. Myriagone choisit les livres. M. Myriagone choisit les livres qu’il aime. M. Myriagone choisit les livres qu’il aime pour les faire découvrir à celles et ceux qui aiment découvrir des livres. À celles et ceux qui n’ont pas envie de ne pas découvrir les mêmes livres de tous les mêmes éditeurs. De retour d’une île enchantée où on rêve de venir encore et encore découvrir des livres. Une île enchantée comme en rêvent tous les éditeurs qui ont des livres à faire découvrir à celles et ceux qui aiment découvrir des livres.
Merci M. Myriagone.
Vous avez donné de l’énergie aux éditions do pour longtemps. Au moins pour aussi longtemps que les éditions do existeront. Que les éditions do existeront grâce à celles et ceux qui ont comme vous des yeux qui pétillent.

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 Et pour préciser encore un peu mieux ces raisons essentielles, il faut quelques citations.
« Fernando Savater dit que les personnes qui ne comprennent pas le charme des citations sont souvent celles qui ne perçoivent pas ce qu’il y a de juste, d’équitable et de nécessaire dans l’originalité. Parce que c’est en citant que l’on peut et doit être véritablement original. (…) Je partage tout à fait le point de vue de Savater quand il dit que les maniaques de l’anti-citation connaissent les destins les moins souhaitables pour un écrivain : le respect des usages et les textes de circonstances, autrement dit les deux pires variantes du cliché. Citer, c’est respirer la littérature pour ne pas étouffer parmi les clichés traditionnalistes et circonstanciels qui viennent au fil de la plume quand on s’obstine dans cette vulgarité suprême : “ Ne rien devoir à personne.” Car au fond, celui qui ne cite pas ne fait que répéter mais sans le savoir ni l’avoir voulu. » Enrique Vila-Matas, Journal volubile, traduit de l’espagnol par André Gabastou
« Rien à faire, quand on monte une société, il faut être en nombre impair, et trois c’est trop (…) » Nicola Pugliese, Malacqua, traduit de l’italien par Lise Chapuis
« L’expérience est trompeuse : elle nous enseigne que nous avons déjà fait ce que nous sommes en train de faire. Rien de plus faux. Tout arrive toujours pour la première fois. » Pablo de Santis, traduit de l’espagnol par René Solis
« On s’habitue à penser qu’on n’est pas capables de faire certaines choses et tout à coup, on découvre qu’on peut. Presque toujours on peut et c’est pourquoi des tas de cinglés réussissent. » Ô Luxure, João Ubaldo Ribeiro, traduit du portugais (Brésil) par Jacques Thériot
« Je me contente de constater combien, pour la plupart de ceux qui traduisent au nom d’une impérieuse et intime nécessité, la traduction demeure un des lieux où s’éprouve avec une grande concrétude une altérité que le quotidien semble avoir nivelée, ou exacerbée jusqu’à la caricature. » Bernard Simeone, Écrire, traduire, en métamorphose, éditions Verdier
« Nous nous bombardons réciproquement sans aucun égard, nous nous envoyons bouler en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, répétant que nous sommes trop différents pour nous comprendre. Pendant ce temps, je me place devant ma bibliothèque, je regarde la littérature du monde entier dont les ouvrages, traduits ou pas, parlent la même langue. La langue de la compréhension. La langue de la connaissance. Peut-être n’a-t-il jamais été plus important que maintenant de laisser la littérature quitter son pays d’origine et voyager à travers le monde. » Johan Harstad, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
« … c’est la force des liens établis avec les textes du monde qui m’installe constamment dans une aire de transit, moi qui ne bouge pourtant pas beaucoup. […] C’est comme si j’étais la plupart du temps en voyage en dehors de moi-même, moi qui suis plutôt sédentaire. » Emna Belhaj Yahia
« Le voyage (« réel » ou livre à la main) pour démolir des certitudes et continuer à se poser des questions. Ou, au moins, pour nous apprendre à regarder, nommer ou décrire autrement ce que nous croyons déjà savoir. » Eduardo Berti, traduit de l’espagnol (Argentine) par Jean-Marie Saint-Lu
« Traduire, c’est prendre en charge, outre le texte, sa destination ; ou plutôt c’est réaliser un supplément ou un changement de destination de l’œuvre. Lire en traduction, c’est recevoir ce qui, écrit dans d’autres rapports, sur le fond d’autres traditions ou héritages, ne nous était pas d’abord destiné. Ou plutôt nous recevons alors ce qui, pour nous être donné, est “re-destiné” par le traducteur. » Claude Mouchard, Lire en traduction, 25e assises de la traduction littéraire, 2008
« Un traducteur traduit avec ses mots à lui et donc, le livre est à la fois entièrement le sien et pas du tout le sien. J’aime le paradoxe qu’implique cette position entre deux textes, entre deux pays, entre deux langues, entre deux cultures et entre deux pages. » Eric Boury, traducteur de l’islandais
« C’est bien connu, d’ailleurs même les critiques littéraires vous le diront : les gens n’ont plus le temps de lire des nouvelles, alors ils lisent des pavés. » Claro, Le clavier cannibale
« Et ce n’est pas le meilleur moyen de se faire remarquer. Les gens n’aiment pas ça, ils se sentent roulés.N’importe quel libraire vous le dira, dans son cher jargon : « Les nouvelles, ça part pas. » Les gens prennent un livre de nouvelles et s’écrient :  » Oh qu’est-ce que c’est que ça ? Encore un tas de ces petits trucs ? » et ils le reposent aussitôt. (…) La littérature visiblement se mesure au mètre. » 29 octobre 1927. Dorothy Parker, Articles et critiques, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Fillières, éd. Christian Bourgois.
« Je ne crois pas que tous les livres vont ou doivent migrer sur écran ; comme me l’a fait un jour remarquer Douglas Adams, plus de vingt ans avant l’apparition du Kindle, le livre physique est comparable au requin. Les requins sont anciens : il y avait des requins dans l’océan avant les dinosaures. Et la raison pour laquelle les requins existent encore, c’est qu’ils sont de meilleurs requins que n’importe quoi d’autre. Les livres physiques sont solides, difficiles à détruire, ils résistent aux bains, fonctionnent à la lumière solaire et sont agréables en main : ils excellent à être des livres, et ils existeront toujours. » Neil Gaman, Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination, traduit de l’anglais par Patrick Marcel, éditions Au Diable Vauvert
« Les trois quarts des livres de la rentrée ne seront pas sur des listes et n’auront aucune ou très peu de presse. Leur existence sera précaire, hasardeuse, catastrophique – leurs lecteurs seront rares, tardifs, aléatoire, mais, qui sait ?, précieux, patients, ardents. » Claro, Le clavier cannibale
« Nous, on est pédagogue. On empêche les gens de rêver. Direct. On explique que l’on va faire tout est ce qui est humainement possible pour défendre les projets d’édition, que personne n’est à l’abri d’un succès d’estime, mais qu’il est raisonnable de s’attendre à une catastrophe. » Entretien avec Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot, des éditions TristramPourquoi les Français ne lisent-ils plus ?
« Plutôt que de suivre sa “ligne éditoriale”, un bon éditeur devrait la précéder. Et puis cette « ligne éditoriale », comme beaucoup de choses, est un mythe. Une “bonne ligne éditoriale”, ce sont des livres qu’un éditeur estime bons. Pas seulement ou pas forcément ceux qui correspondent à son unique sensibilité. Il peut y avoir une différence entre les livres qu’un éditeur publie et les livres qu’il adore et qui le comblent en tant que lecteur. Évidemment, les deux se rejoignent parfois. Il me semble qu’un éditeur devrait être ouvert, curieux. La variété, encore une fois. Avec comme fil rouge, la qualité. Celle-ci aussi pouvant être d’ordre divers. Bref, la véritable “ligne éditoriale”, ce sont les auteurs publiés. » Le mythe de la ligne éditoriale Alice de Poncheville sur le blog La ficelle
« On suppose qu’un livre va se vendre, parce qu’on l’a publié, parce qu’on l’aime bien, et on suppose que d’autres personnes vont l’aimer, mais en réalité, la vente d’un livre reste quelque chose qui est tout à fait irrationnel. J’ai beau le savoir de longue date, j’en suis toujours étonné.» Éric Losfeld, Endetté comme une mule, éditions Tristram
« L’édition réclame des gens qui ont envie de découvrir des écrivains. Heureusement il y a quelques petits éditeurs, surtout en province, qui essaient de publier ce qui leur plaît, et c’est cela le plus difficile. De grands éditeurs, eux, publient ce qui plaira au plus grand nombre, en vue, surtout, du profit. Nous ne faisons pas le même travail. » Maurice Nadeau, Le Chemin de la vie, éditions Verdier.
« Sur les quatre milliards et demi d’êtres humains qui peuplent la Terre, vingt personnes peut-être sont capables d’écrire un livre en un an. Certains soulèvent des voitures, aussi. D’autres font des courses de traîneaux à chiens qui durent une semaine, descendent les chutes du Niagara dans un tonneau ou passent en avion sous l’Arc de Triomphe. Certaines femmes enfantent sans douleur. Il y a des gens qui mangent des voitures. Nous ne sommes pas obligés de considérer les cas extrêmes comme la norme. » Annie Dillard, En vivant, en écrivant, traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent, éd. Christian Bourgois. Paru en 1989 (The Writing Life), traduit en français en 1996.
« Feu Robert Benchley, Dieu ait son âme, ne pouvait supporter d’entrer dans une librairie. Ce n’était pas qu’il fût atteint de ce qu’on appelle communément la claustrophobie ; il souffrait d’un excès de compassion. Ce n’était pas une joie pour lui de voir les piles entières de livres flambants neufs car, en les regardant, une vision atroce s’abattait sur lui, telle une énorme vague, la vision de chacun des auteurs de chacun de ces livres s’exclamant, après avoir fini son texte : « Ça y est ! Je l’ai fait ! J’ai écrit Le livre. Je vais devenir célèbre grâce à mon livre. » Une fois sorti, en courant, de la librairie, M. Benchley était ensuite, et pour longtemps, terrassé par un sentiment de pitié incommensurable à l’égard des tristes rêves des humains. Du coup, il n’est plus jamais entré dans une librairie. » Dorothy Parker, Articles et critiques, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Fillières, éd. Christian Bourgois.
« Comme bien d’autres avant moi, j’ai dû affronter le nombre de livres, et de livres, et de livres et encore de livres qui n’arrêtent pas de paraître et de paraître et encore de paraître, des masses de livres, des tonnes de livres, des coulées entières de livres, sans que jamais j’en voie la fin. Et ceci, pendant ce qu’on appelle la saison creuse dans l’industrie de l’édition ! […] Saison creuse ou pas, les livres continuent de paraître, toutes sortes de livres, vraiment toutes sortes. Les éditeurs ne prennent jamais de vacances. Ils éditent sans discontinuer, à en perdre la tête. On dirait que c’est compulsif chez eux ; une sorte, j’imagine, de tic. » Mai 1958. Dorothy Parker, Articles et critiques, traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Fillières, éd. Christian Bourgois, 2001.
« Don’t print as many copies as you think you can sell, print as many as you know you will sell and don’t underprice your books — they’re all great value. » Richard Charkin (former President of the International Publishing Association and for 11 years Executive Director of Bloomsbury Publishing Plc)
« Le livre, c’est enfin le silence qui advient, même quand il n’y a pas silence. Telle est la force du livre : de faire silence, de créer un espace-temps où le silence est possible. Le silence se crée en soi, indépendamment du brouhaha extérieur. » Cynthia Fleury
« (…) tous les textes de l’humanité constituent un seul grand même texte écrit dans des langues infiniment différentes, et tout nous appartient, et il faut tout traduire » Antoine VitezAntoine Vitez, le devoir de traduire, Actes Sud – Papiers
« Et surtout ne jamais écouter ceux qui vous disent que ce n’est pas possible. Eux vous racontent leurs échecs. » Thierry Marx

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