À propos

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Les éditions do
Les éditions do sont nées du désir de faire entendre des voix nouvelles venues de différentes langues, en particulier en regardant du côté des des formes courtes… 
Il s’agit toujours, par les livres, de rendre le monde, et tout le monde, plus grand que ce que nous en connaissions. Et puis il y a aussi ce joli mot d’hospitalité qui résonne aujourd’hui avec toujours plus d’importance. Deux raisons essentielles pour lesquelles sont nées, en 2015, les éditions do, afin d’accueillir, avec l’indispensable complicité des traducteurs, diverses voix, venues de différentes langues, d’étranges étrangers.
L’hospitalité est, pour l’éditeur, une attention à l’autre — l’écrivain & le lecteur — qui passe par l’importance accordée à toutes les étapes de la confection d’un livre : la qualité de la traduction, la typographie, la mise en page & le graphisme (le talent de Mr Thornill accompagne harmonieusement les éditions do, comme il a accompagné tant d’autres projets réalisés ensemble depuis plus de quinze ans), l’impression. 
Un entretien radiophonique, diffusé en deux épisodes en mars et avril 2017, réalisé par une lectrice curieuse et enthousiaste avec un éditeur qui ne l’est pas moins, peut être écouté via ces liens. → écouter la première partie   écouter la seconde partie
On a beau savoir que cela va être très difficile, qu’on a de très bonnes chances de ne jamais décoller, que si on décolle on a des chances meilleures encore de se rater à l’atterrissage, on a beau savoir tout cela, on y va quand même (sur la photo, c’est l’atterrissage, preuve quand même qu’on a décollé).

Et pour préciser encore un peu mieux ces raisons essentielles, il faut quelques citations.
« Fernando Savater dit que les personnes qui ne comprennent pas le charme des citations sont souvent celles qui ne perçoivent pas ce qu’il y a de juste, d’équitable et de nécessaire dans l’originalité. Parce que c’est en citant que l’on peut et doit être véritablement original. (…) Je partage tout à fait le point de vue de Savater quand il dit que les maniaques de l’anti-citation connaissent les destins les moins souhaitables pour un écrivain : le respect des usages et les textes de circonstances, autrement dit les deux pires variantes du cliché. Citer, c’est respirer la littérature pour ne pas étouffer parmi les clichés traditionnalistes et circonstanciels qui viennent au fil de la plume quand on s’obstine dans cette vulgarité suprême : «  Ne rien devoir à personne. » Car au fond, celui qui ne cite pas ne fait que répéter mais sans le savoir ni l’avoir voulu.Enrique Vila-Matas, Journal volubile, traduit de l’espagnol par André Gabastou
« Je me contente de constater combien, pour la plupart de ceux qui traduisent au nom d’une impérieuse et intime nécessité, la traduction demeure un des lieux où s’éprouve avec une grande concrétude une altérité que le quotidien semble avoir nivelée, ou exacerbée jusqu’à la caricature. » Bernard Simeone, Écrire, traduire, en métamorphose, éditions Verdier
« Nous nous bombardons réciproquement sans aucun égard, nous nous envoyons bouler en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, répétant que nous sommes trop différents pour nous comprendre. Pendant ce temps, je me place devant ma bibliothèque, je regarde la littérature du monde entier dont les ouvrages, traduits ou pas, parlent la même langue. La langue de la compréhension. La langue de la connaissance. Peut-être n’a-t-il jamais été plus important que maintenant de laisser la littérature quitter son pays d’origine et voyager à travers le monde. » Johan Harstad, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
« … c’est la force des liens établis avec les textes du monde qui m’installe constamment dans une aire de transit, moi qui ne bouge pourtant pas beaucoup. […] C’est comme si j’étais la plupart du temps en voyage en dehors de moi-même, moi qui suis plutôt sédentaire. » Emna Belhaj Yahia
« Le voyage (« réel » ou livre à la main) pour démolir des certitudes et continuer à se poser des questions. Ou, au moins, pour nous apprendre à regarder, nommer ou décrire autrement ce que nous croyons déjà savoir. » Eduardo Berti, traduit de l’espagnol (Argentine) par Jean-Marie Saint-Lu
« C’est bien connu, d’ailleurs même les critiques littéraires vous le diront : les gens n’ont plus le temps de lire des nouvelles, alors ils lisent des pavés. » Claro, Le clavier cannibale
« Je ne crois pas que tous les livres vont ou doivent migrer sur écran ; comme me l’a fait un jour remarquer Douglas Adams, plus de vingt ans avant l’apparition du Kindle, le livre physique est comparable au requin. Les requins sont anciens : il y avait des requins dans l’océan avant les dinosaures. Et la raison pour laquelle les requins existent encore, c’est qu’ils sont de meilleurs requins que n’importe quoi d’autre. Les livres physiques sont solides, difficiles à détruire, ils résistent aux bains, fonctionnent à la lumière solaire et sont agréables en main : ils excellent à être des livres, et ils existeront toujours. » Neil Gaman, Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination, traduit de l’anglais par Patrick Marcel, éditions Au Diable Vauvert
« Un traducteur traduit avec ses mots à lui et donc, le livre est à la fois entièrement le sien et pas du tout le sien. J’aime le paradoxe qu’implique cette position entre deux textes, entre deux pays, entre deux langues, entre deux cultures et entre deux pages. » Eric Boury, traducteur de l’islandais
« Les trois quarts des livres de la rentrée ne seront pas sur des listes et n’auront aucune ou très peu de presse. Leur existence sera précaire, hasardeuse, catastrophique – leurs lecteurs seront rares, tardifs, aléatoire, mais, qui sait ?, précieux, patients, ardents. » Claro, Le clavier cannibale
« Nous, on est pédagogue. On empêche les gens de rêver. Direct. On explique que l’on va faire tout est ce qui est humainement possible pour défendre les projets d’édition, que personne n’est à l’abri d’un succès d’estime, mais qu’il est raisonnable de s’attendre à une catastrophe. » Entretien avec Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot, des éditions TristramPourquoi les Français ne lisent-ils plus ?
« Plutôt que de suivre sa “ligne éditoriale”, un bon éditeur devrait la précéder. Et puis cette « ligne éditoriale », comme beaucoup de choses, est un mythe. Une “bonne ligne éditoriale”, ce sont des livres qu’un éditeur estime bons. Pas seulement ou pas forcément ceux qui correspondent à son unique sensibilité. Il peut y avoir une différence entre les livres qu’un éditeur publie et les livres qu’il adore et qui le comblent en tant que lecteur. Évidemment, les deux se rejoignent parfois. Il me semble qu’un éditeur devrait être ouvert, curieux. La variété, encore une fois. Avec comme fil rouge, la qualité. Celle-ci aussi pouvant être d’ordre divers. Bref, la véritable “ligne éditoriale”, ce sont les auteurs publiés. » Le mythe de la ligne éditoriale Alice de Poncheville sur le blog La ficelle
« On suppose qu’un livre va se vendre, parce qu’on l’a publié, parce qu’on l’aime bien, et on suppose que d’autres personnes vont l’aimer, mais en réalité, la vente d’un livre reste quelque chose qui est tout à fait irrationnel. J’ai beau le savoir de longue date, j’en suis toujours étonné.» Éric Losfeld, Endetté comme une mule, éditions Tristram
« Sur les quatre milliards et demi d’êtres humains qui peuplent la Terre, vingt personnes peut-être sont capables d’écrire un livre en un an. Certains soulèvent des voitures, aussi. D’autres font des courses de traîneaux à chiens qui durent une semaine, descendent les chutes du Niagara dans un tonneau ou passent en avion sous l’Arc de Triomphe. Certaines femmes enfantent sans douleur. Il y a des gens qui mangent des voitures. Nous ne sommes pas obligés de considérer les cas extrêmes comme la norme. » Annie Dillard, En vivant, en écrivant, traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent. Paru en 1989 (The Writing Life), traduit en français en 1996.
« Le livre, c’est enfin le silence qui advient, même quand il n’y a pas silence. Telle est la force du livre : de faire silence, de créer un espace-temps où le silence est possible. Le silence se crée en soi, indépendamment du brouhaha extérieur. » Cynthia Fleury

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