Jean Stafford

Jean STAFFORD
Les enfants s’ennuient le dimanche
(selection de nouvelles extraites de The Collected Stories of Jean Stafford)
Huit nouvelles traduites par Jean-Gérard Chauffeteau
& une nouvelle traduite par Véronique Béghain
ÉTATS-UNIS
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Née en Californie, Jean Stafford est partie, à l’âge de sept ans, vivre avec sa famille au Colorado. Diplômée de l’université, elle entamera alors ce qui fut l’ambition de toute sa vie : perdre ce qu’elle appelait ses origines provinciales ouest-américaines. Elle a écrit trois romans et plus de quarante nouvelles. Elle a reçu le prix Pulitzer en 1970 pour ses Collected Stories, recueil que les critiques considéraient comme sa principale réussite.
Ses nouvelles s’intéressent presque exclusivement à toutes les périodes de la vie de jeunes filles et de femmes, cartographiant les peurs, les angoisses et les compromis auxquels elles doivent faire face. Les questions de quête de l’identité féminine, de marginalité et d’impuissance apparaissent dans toutes ses histoires.
Quel que soit l’endroit où elle se déroule, on peut s’attendre à ce qu’une nouvelle de Jean Stafford dramatise l’écart entre illusion et réalité — illusions américaines sur l’Europe ; pauvres et incultes fantasmes des habitants de l’Ouest à propos de l’élite de l’Est ; rêves naïfs des filles de la campagne sur la belle société new-yorkaise. Son style alterne entre le langage familier et rustique de Mark Twain et la prose élégante et raffinée d’Henry James, ses mentors littéraires, mélangeant parfois les deux pour obtenir un effet comique.
L’ironie abonde dans ses contes d’amours perdus, de rêves brisés et d’occasions manquées. Ses histoires se terminent le plus souvent pour le personnage central par un moment pénible ou tragique de conscience de soi ou d’épiphanie, qui renforce le point de vue ironique et concentre la thématique sur la perte et l’aliénation. Deux de ses nouvelles les plus connus sont Children Are Bored on Sunday, son premier texte paru dans le New Yorker en 1948, et A Country Love Story, publiée dans la même revue en 1950.
Blanche H. Gelfant