João Gilberto Noll

O quieto animal da esquina
traduit du portugais (Brésil)
par Dominique Nédellec
à paraître le 13 mars 2018
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João Gilberto Noll est considéré comme l’une des légendes du Brésil.
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« Sans aucun doute, João Gilberto Noll occupe une place sans équivalent dans le panthéon des auteurs brésiliens contemporains. »
Amálgama

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« Il a été pour nous tous un exemple d’écrivain professionnel dans un pays où l’amateurisme est omniprésent : Noll a toujours été un écrivain entièrement dévoué à son art, qu’il a porté avec passion et avec lequel il a construit non seulement une œuvre importante dans le paysage littéraire brésilien contemporain, mais par lequel il fut aussi un modèle sans concession d’écriture professionnelle, qui a toujours placé son travail littéraire au premier plan : en cela, il est l’écrivain que je cite le plus souvent comme exemple, et je vois que ce type d’attitude commence à être adoptée par des jeunes écrivains qui, quelquefois, abandonnent tout pour se consacrer à l’écriture. Il a été un précurseur, ici, parmi nous. Il nous a appris que la littérature exige un dévouement complet, absolu et professionnel. »
Luiz Antonio de Assis Brasil, écrivain et professeur

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Né à Porto Alegre le 15 avril 1946, João Gilberto Noll a travaillé comme journaliste pour Última Hora et Folha da Manhã, à Rio, où il a déménagé en 1969. Pendant les années 1970, il a alterné son activité de journaliste avec celle d’enseignant en communication à la Pontifícia Universidade Católica de Rio de Janeiro.
Il a été publié pour la première fois dans une anthologie, Roda de fogo, réunie par Carlos Jorge Appel, de Porto Alegre. En 1980 est ensuite paru son premier recueil de nouvelles, O cego e a dançarina, couronné de trois prix littéraires. En trente années, Noll a publié treize romans, trois recueils de nouvelles et deux projets pour les enfants et les adolescents. L’ensemble de ses textes a fait l’objet d’une anthologie parue en 1997.
Lauréat de nombreuses récompenses — parmi lesquelles cinq fois le Prêmio Jabuti, le plus important des prix littéraires brésiliens —, d’une bourse de la fondation Guggenheim en 2002 et d’une résidence au King’s College de Londres en 2004, il a également dirigé un atelier d’écriture à l’université de l’Iowa en 1982 et enseigné la littérature brésilienne à l’université californienne de Berkeley en 1997.
Interprète du sentiment moderne de perte de sens et de référence, avec des personnages noyés dans une grande solitude, Noll a également abordé à plusieurs reprises le thème de la sexualité, proche en cela de l’écrivain anglais D.H. Lawrence. L’un des plus grands connaisseurs de son œuvre, le critique littéraire et écrivain José Castello, a comparé Noll, pour sa radicalité et sa pertinence, à sa compatriote Clarice Lispector, à l’Argentin Ricardo Piglia et au Portugais Fernando Pessoa.
Certains de ses textes ont été adaptés pour le cinéma : la nouvelle Alguma coisa urgentemente, extraite de son premier recueil, a inspiré le film We Never Were So Happy de Murilo Salles, en 1984 ; les romans Harmada et Hotel Atlântico ont donné naissance aux films qui portent des titres identiques, le premier de Maurice Capovilla en 2003, le second de Suzana Amaral en 2009.
Mais, en dépit de toutes ces distinctions, de sa réputation nationale et d’une indéniable admiration de ses pairs en tant que l’un des prosateurs les plus intenses et les plus originaux de son époque, João Gilberto Noll n’a pas encore obtenu la reconnaissance internationale que mérite son œuvre. Traduit en espagnol et en italien, il ne l’a été que très récemment en anglais, et les éditions do sont heureuses et honorées de publier la première traduction française de cet auteur majeur, mort le 29 mars 2017, quelques jours à peine après qu’un contact avait été pris pour envisager ce projet, et dont, ironie de la vie, il n’a sans doute pas eu connaissance.

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« Noll a été fidèle à lui-même depuis qu’il a commencé à écrire. Ses livres pourraient être baroques (A fúria do corpo), minimalistes (Hotel Atlântico), métaphoriques (A céu aberto), qu’ils se passent à Porto Alegre (O quieto animal da esquina) ou à Londres (Lorde), mais ce qui unit ses narrateurs est une même solitude et un même sentiment d’inadéquation — sociale, sexuelle, existentielle. Ces dernières années, il avait pris une place plus grande encore avec des performances très particulières et originales de lectures publiques de ses textes — ce qui était une sorte de « style tardif », pour utiliser l’expression d’Edward Saïd. Chaque fois que je relis ses livres, je ne peux m’empêcher d’entendre cette voix en arrière-plan. » Michel Laub, écrivain, auteur de Journal de la chute et de La Pomme empoisonnée, aux éditions Buchet-Chastel, traduits du portugais (Brésil) par… Dominique Nédellec.
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João Gilberto Noll
lors d’une lecture publique de son ultime livre, Solidão Continental.