Maintenant et à l’heure de notre mort

×
SUSANA MOREIRA MARQUES
Maintenant et à l’heure de notre mort
Titre original : Agora e na Hora da Nossa Morte
Traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues
Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-21-4
Conception graphique : Mr Thornill
La publication de ce livre a bénéficié du soutien de la Direction générale du livre, des archives et des bibliothèques (DGLAB), Portugal
Paru le 14 novembre 2019
×
« Toute ressemblance avec ces personnages réels n’est pas une simple coïncidence et il est très probable que tu connaisses quelqu’un dans la même situation. »
×
〈 Le livre 〉
En 2009, au Portugal, la Fondation Calouste Gulbenkian a mis en place un programme de soins palliatifs à domicile sur le plateau mirandais, dans la région de Trás-os- Montes. De village en village, une médecin, des infirmiers et d’autres professionnels de santé ont aidé des dizaines de malades, d’âges, de milieux sociaux et de contextes familiaux différents, à traverser leur fin de vie dans le plus grand confort possible, et à mourir chez eux accompagnés. La rencontre de Susana Moreira Marques avec ce projet et de nombreuses visites, entre juin et octobre 2011, ont abouti à l’élaboration de ce livre, Maintenant et à l’heure de notre mort, composé en deux parties : Notes de voyage sur la mort, texte en prose, fragmentaire, aux accents poétiques et philosophiques, qui compose une réflexion, à la fois intime et universelle, sur la fin de vie ; Portraits, de celles et ceux qui vont mourir bientôt, ou de celles et ceux qui les accompagnent, et qui se souviennent de ce que fut leur vie.
×
〈 À propos 〉
« Ce que j’aime beaucoup à Gaillac c’est que le hasard des rencontres amène à des textes qui sont touchants, lumineux et addictifs. Maintenant et à l’heure de notre mort de Susana Moreira Marques, primo roman. Un voyage dans la mort pour parler de la vie et réciproquement, tout cela écrit d’une façon très poétique et donc une très belle traduction. »
Librairie Etoile scintillante Gaillac
×
Le Matricule des anges janvier 2020
×
Une obscure clarté
« En 2009, la Fondation Calouste Gulbenkian a mis en place un programme de soins palliatifs à domicile sur le plateau mirandais, dans la région de Trás-os-Montes. De village en village, une médecin, des infirmiers et d’autres professionnels de santé ont aidé des dizaines de malades, d’âges, de milieux sociaux et de contextes familiaux différents, à vivre leur fin de vie le plus confortablement possible, et à mourir chez eux accompagnés. »
Entre juin et octobre 2011, Susana Moreira Marques, journaliste, va accompagner cette équipe et retourner dans ses villages visités du Nord du Portugal. Naît alors ce livre hybride, en deux parties, qui oscille entre le carnet de bord et les portraits de patients qui sont aux portes de la mort et de leurs proches.
Dans les notes de voyage, l’on retrouve, telles des fulgurances fragmentées, un manuel de survie, des définitions, des souvenirs, des instantanés presque photographiques. Une succession de pensées à la structure aussi fragile que ceux dont l’auteure dresse l’humble portrait mais qui révèlent l’essence-même de ces individus morcelés.
Suivent ces voix qui racontent l’histoire avec un petit h, leur existence tissée d’impressions, d’espoirs, de traditions et de réminiscences. Des entrevues où Moreira Marques, en orfèvre méticuleuse,  dévoile avec humanité et pudeur l’éclat de ceux que l’on n’entend pas, dans une terre-île qui est vouée à s’éteindre petit à petit.
Descendante de ces terres, à l’heure où je tente moi-même d’écrire sur le caractère si particulier et unique de ces villages de la région de Miranda do Douro, j’ai été profondément remuée par cet opuscule. Ce récit ébranle. Ce récit bouleverse. Ce récit réveille un amour inconditionnel et un profond respect pour cette terre indomptée, ces gens si universellement humains. Car ces villages sont un microcosme de notre humanité, de notre rapport au monde et à nos origines.
Depuis Miguel Torga, jamais on aura écrit aussi bien sur la région sauvage de Trás-os-Montes. On parle beaucoup de ceux qui ont émigré, de ceux qui sont partis hors du pays pour un avenir meilleur. Mais jamais de ceux qui sont restés. Moreira Marques leur rend ici un magnifique hommage. Ce livre est fait d’instants de grâce où le sublime de la vie se découvre et se dévoile au fil de ces poétiques et intimes récits.
La mort et les fêtes, la mort et la parentalité, la mort et le voyage : la plume de l’auteure ne se veut jamais triste ni désespérée. Au contraire, c’est un émerveillement solaire que l’on savoure fragment après fragment, village après village, au détour d’un olivier ou d’une fontaine en pierre. Un livre qui me marquera longtemps, comme un rappel à se souvenir de chacun de mes morts, et de célébrer chacune des naissances, actuelles ou à venir.
Ana Torres Cap Magellan capmagellan.com
×
Librairie Myriagone Angers
×
Un ouvrage lumineux, véritablement
Écouter la chronique de Nikola Delescluse sur Radio Campus Lille, dans son émission Paludes du vendredi 24 janvier 2020
×
« Depuis de nombreuses années maintenant, la fondation Gulbekian a mis en œuvre un programme d’aide aux soins palliatifs dans certaines zones rurales du Portugal. Des équipes médicales sillonnent les régions reculées du pays pour aider à mourir des gens qui, sinon, n’auraient pas eu les moyens matériels et/ou logistiques de faire face dignement à leur fin de vie. Susana Moreira Marques, journaliste reconnue, a suivi ces équipes médicales lors de l’année 2011. Maintenant et à l’heure de notre mort est le récit de son expérience.
Manuel de survie : 3 – Faire des gens des personnages. 4 – Ne pas cesser de pleurer les personnages.
Si se confronter à la mort, qui plus est la mort au long cours, n’est pas chose aisée, en rendre compte est tout aussi complexe. Quand la mort est à nu, sans l’espoir ou l’inconscience, quand il ne s’agit plus de soigner mais d’accompagner, quand il n’est plus possible d’ignorer, quand on sait que l’autre sait, le langage courant se confronte à ses propres limites. Selon les cas le récit brut pourra paraître ou larmoyant ou froid. Une approche plus distanciée, plus formaliste, pourra être ressentie comme inutilement esthétisante. La mort, quand on la sait vraiment inéluctable, requiert de qui veut en parler une attention différente aux mécanismes du langage.
Il est des sujets sur lesquels il est impossible d’écrire comme on a toujours écrit. Quelque chose change. D’abord les yeux, puis le cœur – ou les nerfs ou ce que les anciens nommaient âme – et finalement, les mains.
Susana Moreira Marques, en empruntant à divers registres et modes narratifs est parvenue à éviter les écueils habituels dans lesquels trébuche celui qui tente d’aborder un sujet à forte charge dramatique. Ni chagrine, ni glaçante, sa prose a trouvé la juste distance qui permet ainsi de rendre compte de cette chose aussi étrange qu’universelle qu’est la conscience de mourir. »

Librairie Ptyx Bruxelles

×

« En 2009, au Portugal, la Fondation Calouste Gulbenkian a mis en place un programme de soins palliatifs à domicile sur le plateau mirandais, dans la région de Trás-os- Montes. De village en village, une médecin, des infirmiers et d’autres professionnels de santé ont aidé des dizaines de malades, d’âges, de milieux sociaux et de contextes familiaux différents, à traverser leur fin de vie dans le plus grand confort possible, et à mourir chez eux accompagnés. De juin à octobre 2011, l’autrice Susana Moreira Marques a accompagné ces équipes.
Maintenant et à l’heure de notre mort témoigne de ces instants avec une prose concise d’une très belle justesse : ce livre est digne, dense, terriblement humain, les observations fragmentaires ont la beauté de poèmes objectivistes, les récits des mourants ou de leurs proches sont de magnifiques monologues où l’émotion jamais ne cède aux facilités du pathos.
Vraiment, magnifique livre que celui-ci. »
Éric Pessan écrivain
×
« C’est le livre de l’heure, de la dernière, comme nous le dirions d’une chance malgré les coups de semonce réguliers qui nous portent à ne pas fonder de vains espoirs, le livre de la fin de vie comme nous ne dirions pas début de mort parce que la mort n’est pas de ce monde et que nous redoublons d’efforts pour la tenir à distance respectueuse de nos existences si merveilleusement remplies. Nous sommes des fruits dans leur pleine maturité, ignorants de la chute et des vers qui attendent patiemment le moment de nous dévorer, des pantins coiffés d’œillères qui marchent sur un fil en regardant droit devant pour ne pas voir le précipice au-dessus duquel nous évoluons. Quand vient le temps, quand sonne l’heure, nous nous trouvons désarmés, de pauvres fantassins sans défense, de frêles bambins debout sur leurs deux jambes qui se dérobent à la première occasion. Personne ne nous a dit que ce jour viendrait, personne ne nous a appris le délitement des corps, la chair qui fond sur les os, le regard qui se vide et qui se noie. À quoi pensent les mourants du fond de leur solitude immense ? Sentent-ils la chaleur de nos mains sur leur peau parcheminée ? C’est une part de nous-mêmes que pour toujours nous abandonnons quand, mus par la curiosité qui parfois l’emporte sur la peur, nous nous approchons lentement des yeux qui se creusent comme deux puits d’un noir profond afin de sonder le mystère des abysses dans lesquels à notre tour bientôt nous plongerons. Une voix point des ténèbres et s’élève comme un souffle : il est plus tard que tu ne crois, tes instants sont comptés. Contemple un angle du paysage dont tu te repaîtras sous peu plus qu’à foison. Sache que jamais plus tu ne seras celui que tu as été. Et vous songez à l’impermanence, une lourde tenture s’abat. Tout fuit, rien ne reste, les souvenirs peu à peu s’effacent et nous nous en irons. Je pense, je lis, j’amasse parce qu’un jour j’habiterai un corps qui ne sera plus le mien. »
« Une lecture qui rend le monde plus beau. »
×
Uma viagem de morte ao Portugal profundo
« Maintenant et à l’heure de notre mort, publicada pelas Éditions Do no mês passado e traduzida por Elisabeth Monteiro Rodrigues, é a obra de estreia de Susana Moreira Marques, jornalista nascida no Porto em 1976. Com este livro, que anda ali entre a ficção e o jornalismo, um género a que muitos chamam romance de não-ficção, publicado em Portugal com o título “Agora e na hora da nossa morte” em 2012, Susana Moreira Marques trata o tema da morte e do isolamento, evitando com sucesso as lamechices que tantas vezes inquinam quem se aventura por estes assuntos, tentando com elas fazer um descarado aproveitamento da comoçãozinha emocional do tipo programa televisivo matinal.
Em “Agora e na hora da nossa morte” a autora resiste a essa tentação et pour cause! escreveu um belo livro.
Num misto de reportagem, caderno de viagem e diário, Susana Moreira Marques partiu para o planalto mirandês em junho de 2011 para acompanhar um projeto-piloto de cuidados paliativos ao domicílio financiado pela Fundação Calouste Gulbenkian com o objetivo de fazer uma reportagem sobre o fim de vida, sobre o que pensam as pessoas às portas da morte. A essa viagem seguiram-se mais duas até outubro desse ano, permitindo à autora mergulhar naquele fim de mundo português onde, para quem vive na pequeníssima escala portuguesa, as distâncias parecem enormes e a paisagem inultrapassável.
Com fotografias de André Cepeda, este livro divide-se em duas partes essenciais que se complementam perfeitamente. Se em “notas de viagem sobre a morte”, a autora nos presenteia com as suas reflexões – “Depois de muitos, muitos quilómetros, as aldeias são uma só” -, instantâneos do que vai encontrando – “Está acamado há tantos anos que a morte deixou de ser novidade” – e uma espécie de manual – “PALIATIVO: I. Que serve para paliar. 2. Remédio que não cura mas mitiga a doença”; já em “Retratos”, a segunda parte, ela apresenta-nos as pessoas que povoam aquelas histórias. Algumas dessas histórias pertencem a um casal de idosos. Aos 80 anos já bem entrados, João e Maria, ele canceroso e algaliado, do alto da sua sabedoria de anciãos, lá nos ensinam que para falar da morte que se aproxima têm de falar da vida que viveram, tal qual dois arqueólogos que não conseguem explicar a superfície sem a contextualizar com o estudo das profundezas.
Entrevistas que a jornalista/escritora conduziu com o pudor devido e a obrigatória humanidade, fugindo com coragem aos sensacionalismos voyeuristas que tanto fazem salivar outros jornalistas que há muito varreram a deontologia para debaixo do tapete e que se comportam como bárbaros vivendo numa grande e infinita rede social. Um livro que nos faz ver com clareza o oposto do mundo hedonista em que vivemos e que nos força a encarar uma realidade que, ao contrário das gerações que nos precederam, deixou de ser banal e passou a ser quase invisível: a morte. »
Nuno Gomez Garcia lusojornal.com
×
« Événement très rare : un livre capable de créer sa propre forme, inventant en chemin un nouveau genre littéraire »
José Mário SilvaExpresso
×
« Un premier livre brillant qui défie les limites — non seulement du reportage mais aussi des genres littéraires — pour parler du moment le plus intime, la mort. (…) Parce que la mort n’est ni bonne ni mauvaise. Et Susana Moreira Marques l’écrit dans un premier livre comme seuls les grands écrivains sont capables de le faire. »
Isabel LucasÍpsilon
×
« Raymond Carver a écrit un jour sur le fait d’aimer tout ce qui me fait grandir. Ce livre m’a fait grandir. Il est audacieux, lumineux et plein de grâce ; il voyage jusqu’au bord de la mort et y trouve la vie. Son attention aux détails de l’amour — entre ceux qui partiront et ceux qui resteront — est proche du sublime. »
Leslie JamisonThe New York Times 
×
« L’écriture de Susana Moreira Marques a l’intensité tranquille et le pouvoir transformateur de la poésie. Elle décrit, dans les moindres détails, la mort d’individus et la mort lente d’une communauté rurale isolée, l’une superposée à l’autre. »
Iona Heath, auteure de Matters of Life and Death
×
〈 la traductrice 〉
Née en 1973, Elisabeth Monteiro Rodrigues vit et travaille à Paris. Après des études d’Histoire du Proche-Orient ancien, elle se tourne vers les métiers du livre. Elle collabore à la revue Africultures de 1999 à 2004. Elle est libraire à la Librairie Portugaise & Brésilienne de 2000 à 2015. Les Anges de l’autrice portugaise Teolinda Gersão (Autrement, 2003) marque son entrée en traduction. Elle traduit depuis 2005 l’œuvre de l’écrivain mozambicain Mia Couto (une dizaine de titres traduits parmi lesquels L’accordeur de silences, Métailié, prix Afd 2012, La confession de la lionne, Métailié, Le dernier vol du flamant, Chandeigne, Histoires rêvérées, Chandeigne). Elle traduit également des auteurs du Portugal João Ricardo Pedro, Valério Romão, d’Angola Manuel Rui et la poète mozambicaine, Noémia de Sousa. Elle est lauréate du grand prix de traduction de la ville d’Arles 2018 pour De la famille de Valério Romão, Chandeigne.