Langues vivantes | Luis Sagasti

LUIS SAGASTI
Langues vivantes
Titre original : Lenguas vivas
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Jean-Marie Saint-Lu
198 pages / 18 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-65-8
Paru le 20 février 2026
«Peut-être que le poétique réside dans la réalité et qu’on le découvre. Ou peut-être qu’il ne réside pas dans la réalité, mais plutôt dans le regard de l’observateur. »
« L’information brute en soi ne dit rien, mais mise à côté d’une autre, oui. Le fleuve Amazone n’a pas de ponts. C’est incroyable. Et à l’autre bout du monde, la Grande Muraille de Chine ne traverse aucun fleuve. Alors, si on met les deux côte-à-côte, cela crée un sens poétique. »
Luis Sagasti
〈 Le livre 〉
Combien de langues ont-elles été enregistrées tout au long de l’histoire de l’humanité ? Combien de couleurs distinctes ces langues nomment- elles? Combien de temps verbaux utilisent-elles? Possèdent-elles un alphabet ? Combien y a-t-il de langues vivantes aujourd’hui ?
Luis Sagasti compose un livre inclassable et hypnotique, dans lequel il relate de brèves histoires, comme les chansons que les soldats des deux camps entonnaient, sans raison apparente, à la tombée du soir, dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, ou le recensement des derniers locuteurs d’une langue, ou la correspondance frénétique entre des traducteurs qui s’amusent à traduire une nouvelle de l’anglais vers l’espagnol puis de l’espagnol vers l’anglais et de nouveau vers l’espagnol, et ainsi de suite à l’infini ou presque.
Ce sont souvent des histoires sur des sujets connus, mais décrits d’un point de vue différent, comme un tableau de Matisse, les taureaux de la grotte de Lascaux, ou les cinq mille cristaux de neige photographiés par Wilson Bentley ; une entrée du journal d’Agota Kristof, une mélodie de Nick Drake, Nadejda Mandelstam apprenant par cœur toute la poésie de son mari interné en Sibérie ; les tribulations de Max Planck fuyant à travers bois avec sa femme à presque quatre-vingt-dix ans. Ou encore des scènes privées, comme le souvenir de l’écriture de son enfance ou la tentative de récupérer le son de la voix de quelqu’un qui n’est plus là. Langues vivantes est un ciel nocturne et généreux offert au lecteur pour qu’il le peuple d’étoiles, pour qu’il y trace des lignes et, entre deux astres, commence à trouver un sens à l’obscurité environnante.
Lenguas vivas a fait partie des trois finalistes du Premios Finestres de Narrativa 2023 (prix espagnol) et a été finaliste du Premio Fundación Medifé Filba 2024 (prix argentin).
〈 À propos 〉
Mathieu Lindon Libération
« Avec son ouvrage incomparable intitulé Langues vivantes, Luis Sagasti nous fournit une matière à penser dans des domaines aussi divers que les langues, l’art, l’histoire, l’anthropologie, la philosophie et les sciences “dures”. En ce sens, le livre excède tout autant son titre que les catégories de genre : il emprunte à la fois au discours académique, à la poésie en prose, à l’autobiographie et au récit historique, pour un résultat pour le moins déroutant. » → l’article intégral
Karoo
Le Matricule des anges Guillaume Contré
« Je me souviens encore de mon choc de lecture le jour où je suis tombé sur Bellas artes (même auteur, même éditeur, même traducteur) publié en 2017, Luis Sagasti est un auteur inclassable, un sauteur du coq-à-l’âne dont la prose ricoche sans cesse : il mêle histoire de l’art, fragments biographiques, considérations sur le monde dans ce qui pourrait paraitre n’avoir ni queue ni tête. Le choc avait été tel que j’avais repris la rédaction de mon texte Qui verrait la Terre de loin (publié hélas chez Fayard) pour y ajouter volontairement un peu de confusion.
Et voici que parait un second livre de Sagasti, Langues vivantes évoque tout à la fois les artistes (des hallucinations d’Henri Darger aux dessins-écrits du plasticien argentin León Ferrari (allez voir ses œuvres, une rétrospective s’était tenue à Beaubourg voici une dizaine d’années) en passant par les anonymes qui ont peint les parois de Lascaux), la façon dont les alphabets sont nés, la disparition de certaines langues fautes de locuteurs (c’est le cas du Nü shu, langue secrète des femmes chinoises qui leur permettait de transmettre leur histoire sans que les hommes ne le soupçonne), la Terre vue de l’espace, la mort d’un frère et mille autres choses dont je ne vais pas faire la liste. Les textes de Luis Sagasti procèdent de cette surprise de voir aborder une chose, puis l’autre, cousues par une langue poétique, laissant libre court aux associations d’idées.
C’est puissant, c’est érudit, c’est incarné et — osons l’écrire — c’est tout simplement beau. »
Eric Pessan écrivain
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