À chacun sa part de gâteau

À chacun sa part de gâteau OTA PAVEL
Titre original : Syn celerového krále
Traduit du tchèque par Barbora Faure
236 pages / 20 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-11-5
Conception graphique : Mr Thornill
Paru le 11 octobre 2018
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Merci pour le second livre d’Ota Pavel ! Je l’ai acheté ce soir et je suis déjà très émoustillée. J’ai tellement aimé Comment j’ai rencontré les poissons, c’est un livre que j’aime offrir et faire connaître. Encore un grand merci. En plus, vos livres sont si jolis… Message d’une lectrice qui vous dis merci…
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Ni reportages, ni articles, ni monuments dressés au héros sportif, chacune des nouvelles d’Ota Pavel est une véritable leçon de littérature. Dont l’émotion, délicate, empathique, parvient toujours à transparaître et nous surprendre. Librairie Ptyx, Bruxelles
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Et là, tout à coup, l’émotion à portée de main.
MAGIQUE OTA PAVEL !
Quand le sport devient le catalyseur de tout ce que l’humain porte en lui…
Sous forme de nouvelles absolument sublimes et touchantes, « À Chacun sa part de gâteau » ranime les exploits et les défaites des grands sportifs tchèques du début du XXème siècle, quand tout était question d’âme, de volonté et de destinée. C’est beau, très très beau même, on dévore ces lignes écrites par un Ota PAVEL parti depuis longtemps (1973) mais qui restera vivant, pour avoir su ressusciter ces merveilleuses tranches de vies, ces quelques morceaux de bravoure qui résument tous les espoirs, les peurs, les accidents qui touchent au fond tous les Hommes. Universellement. Librairie Myriagone, Angers
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Ota Pavel a fait une longue carrière de journaliste sportif, commencée après la guerre, d’abord à la Radio Tchécoslovaque (1949 – 1956), puis à la radio Stadion (1956-1957), pour se terminer au magazine Le Soldat Tchécoslovaque (1957 – 1966). En 1966, en raison de sa maladie, il reçoit une pension d’invalidité et ne publie plus que de temps en temps des articles dans des revues.
Celles et ceux qui ont lu Comment j’ai rencontré les poissons se souviennent de la première phrase de son épilogue : J’ai perdu la boule aux Jeux olympiques d’hiver à Innsbruck. Il a donc été interné 16 fois dans les neuf dernières années de sa vie, ce qui veut dire que pendant cette période il aura passé environ trois ans en hôpital psychiatrique. Et son absence de l’hôpital ne veut évidemment pas dire absence de maladie et de symptômes. Il souffrait de psychose maniaco-dépressive, aggravée de schyzophrénie, dans la terminologie actuelle, de trouble affectif bipolaire. On peut donc légitimement penser que les crises qu’il va traverser à la fin de sa vie, de l’année 1964 jusqu’à sa disparition en 1973, ont modifié sa vision du monde. C’est la raison pour laquelle, sans doute, les histoires de ce livre sont, parmi toutes celles écrites par Ota Pavel qui ont le sport pour sujet, à la fois les plus intimes et les plus littérairement audacieuses, et aussi peut-être les plus émouvantes.
Il a consacré au sport et aux sportifs quatre de ses livres. Celui-ci est le troisième, paru en 1972, donc un an avant sa mort ; le quatrième est paru à titre posthume, en 1974.
Certains des textes ont été écrits à la même période que ceux des Poissons, mais son ambition de dépasser les contraintes du journalisme et du reportage pour aller vers une écriture plus créative date d’avant les années 60.  Par exemple, de l’histoire qui a pour titre Soixante-dix grammes d’or, qui évoque la participation d’un célèbre gymnaste aux Jeux olympiques de Berlin, on connaît une version écrite en 1955, une en 1962, une autre encore en 1967 et enfin celle de 1972 qui figure dans ce recueil.
Le titre français choisi, A chacun sa part de gâteau, peut se lire comme une antiphrase, parce que ce que montrent souvent ces textes, c’est justement que chacune et chacun, malgré tous les efforts et tous les sacrifices qu’elle ou il a pu faire pour parvenir (ou pas) au sommet, n’a pas tout à fait sa part de gâteau.
Le recueil compte quinze récits par lesquels Ota Pavel nous fait pénétrer dans le monde des athlètes de haut niveau, sportifs de différentes disciplines, depuis le vol à voile jusqu’au canoë, en passant par le tennis de table, la gymnastique, le vélo, le football, le hockey.
La souffrance, le dépassement de soi, l’abnégation sont au premier plan de la plupart de ces histoires. L’auteur, qui fut aussi hockeyeur, footballeur et entraîneur, a côtoyé les hommes et les femmes qu’il met en scène. Il ne cache pas son affection et son estime pour eux, on sent à la fois une grande compréhension de leur manière d’être et une grande empathie à leur égard.
Parfois même, Ota Pavel est un des personnages. Une des plus poignantes dans laquelle il figure au début du récit est celle qui a pour titre Tout homme est roi en son château, à chacun sa part de gâteau et où il se retrouve à l’hôpital — Ils m’ont emmené en ambulance dans un établissement, avec des sirènes. — lâché par tous ses amis :
« Il n’y avait en fait plus personne pour me donner de l’espoir, un peu comme lorsque le panneau de résultats affiche 3-0 et que l’arbitre en chef s’apprête à siffler la fin du match. J’attendais la mort et c’est Borovicka qui est venu. »
Borovicka est un joueur de football dont Pavel dit quelques lignes qu’il ne le comprenait pas, qu’il était un tigre dont on ne s’approchait pas, et qui va être ensuite au centre de cette histoire. Et lui seul vient le voir à l’hôpital ; la scène qui suit est la suivante :
« Je lui ai aboyé dessus : qu’est-ce que tu fous là ? Il a répondu : je viens te voir. C’était comme s’il disait : je viens pour t’empêcher de mourir. » Il était là, debout. Je n’avais aucune envie de lui parler. Il a dû comprendre que je ne m’en sortirais pas, comme d’autres l’avaient compris. Je lui ai de nouveau demandé de partir. La fois suivante il est venu et il a dit de nouveau : « Je viens te voir. Et c’était encore comme s’il disait : « Je viens pour t’empêcher de mourir ».  Quand il est parti, je me suis dit : « Il a livré des dizaines de matches difficiles, il doit donc comprendre que personne n’a encore sifflé la fin du mien. »
On voit par ces quelques phrases combien le thème central du livre n’est pas tant le sport que les gens et les vies qui y sont liés. Et grâce à la capacité d’un véritable écrivain à transformer ces vies en destins et à s’intéresser, et intéresser ses lecteurs, à l’humain dans toute sa grandeur et son infinie complexité, À chacun sa part de gâteau est un autre grand livre d’Ota Pavel.

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En vitrine de la librairie des éditeurs associés, Paris

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Jan Kubr (1934 – 2017) / Foto CTK
Héros de l’histoire qui a pour titre « Le Cycliste maudit »

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Certaines chroniques de ce livre ont reçu des prix littéraires ou ont été filmées :
Combien de poils sur un cheval ? : Československý Státní Film (Film d’État tchécoslovaque – entreprise d’État)
Le Dernier combat de Frantisek Kloz : Télévision tchécoslovaque
Soixante-dix grammes d’or : Československý Státní Film
Il y a eu erreur : Prix Fucik / Prix Vit Nejedly, Radio tchécoslovaque / Publié à Paris dans la revue Miroir du cyclisme (voir ci-dessous)
Taxi, taxi ! : Československý Státní Film
Alfred Jindra : Prix Josef Laufer, Télévision tchécoslovaque
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Au Musée Ota Pavel de Buštěhrad,
il y a ce cadre dans lequel figure cette présentation de Une erreur 
 (qui figure dans le recueil À chacun sa part de gâteau sous le titre Il y a eu erreur)
à l’occasion de sa publication dans le N° 113 – avril mai 1969
de la revue française Miroir du cyclisme
Transcription 
Ota Pavel est à la fois journaliste et écrivain. Cela n’a rien de tellement exceptionnel. Ce qui l’est plus, c’est de voir la même oeuvre obtenir le prix du meilleur journaliste (Prix Julius Fucik) et celui du meilleur écrivain (Prix Vit Nejedly). Il a obtenu cette double récompense avec « Une erreur », récit des mésaventures du coureur tchécoslovaque Jan Vesely, vainqueur en 1949 de la Course de la Paix, la plus grande course pour amateur avec le Tour de l’Avenir. Cet essai d’Ota Pavel, qui fut tiré en Tchécoslovaquie à 150.000 exemplaires, contribua à faire rendre justice à Vesely, victime de la bureaucratie qui disparut en janvier 1968, dans son pays.
Le récit qu’on va lire, outre ses qualités littéraires évidentes, et la lueur qu’il jette sur des moeurs heureusement révolues, fait si bien revivre la grandeur et les misères du sport cycliste qu’il trouve tout naturellement sa place dans « Miroir du cyclisme » qui s’honore d’avoir été choisi par l’auteur.
© photo Les éditions do (dans le reflet) envoyées spéciales à Buštěhrad