Kant et la petite robe rouge

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LAMIA BERRADA-BERCA
Kant et la petite robe rouge
104 pages / 13 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-36-8
Première édition : éditions La Cheminante, 2012
Conception graphique : Mr Thornill
Parution le 11 octobre 2021
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〈 Le livre 〉
Une jeune femme portant la burka sous la pression de son mari découvre peu à peu son libre-arbitre. C’est le début d’une lente métamorphose vécue de l’intérieur…
Une ode à la liberté émancipatrice qu’offrent le savoir et la raison face à l’ignorance et aux discours rétrogrades, mais également une ode à la féminité reconquise, à travers le symbole d’une petite robe rouge érigée en obscur objet du désir.
Sous le regard des autres et reconnectée enfin au sien, Aminata chemine en tant que femme, épouse et mère, mue par l’audace nouvelle de ce rouge-cri qui vient bouleverser le cours de sa vie.
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〈 A propos, par Lamia Berrada-Berca 〉
« Je voulais surtout donner une voix à toutes celles qui ne parlent pas. Qu’on n’entend pas. Car le problème du regard est une chose, mais évoquer le problème de certaines femmes qui n’ont pas droit à la parole en est un aussi. L’écriture du récit avait vraiment pour but de donner une voix à celles-ci, aux femmes qui vivent mal le fait de se sentir retranchées du monde quand ce n’est pas de leur fait. Je voulais surtout évoquer à travers le voile intégral l’image de l’enfermement psychologique, moral, au sens large du terme, qui emprisonne tant d’individus dans le carcan de certains coutumes et traditions. La burka n’était qu’une métaphore pratique, un support de choix qui se prêtait bien à l’illustration de cette idée. Il n’y avait en moi aucun désir de stigmatiser quoi que ce soit ou qui que ce soit, mais d’évoquer une réalité qui m’interpellait, qui m’interrogeait moi- même, en tant que femme. Et le fait est que le récit que j’en ai fait est le propos d’une libération, d’une émancipation individuelle. Je ne porte pas de jugements spécifiques, je raconte plutôt une histoire portée par un message d’universalité. Un message dont les valeurs ne peuvent être remises en question. Il y va de la liberté de l’être, de l’individu. A lui et à nul autre de décider pour lui de ses propres choix. (…) J’estime pour ma part que trop de femmes se sont battues dans le monde et continuent aujourd’hui de se battre, ici et là, pour qu’on ne puisse pas être soucieux et conscient des libertés qu’elles ont arrachées et dont nous avons, nous, la chance de pouvoir bénéficier aujourd’hui… »
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〈 Extrait 〉
« Elle est passée devant d’abord sans la voir. Sans vouloir voir en fait. À cause du voile, sans doute, qui la rend différente. Puis le lendemain elle est repassée devant et là, il s’est produit un changement étonnant. Elle a senti qu’elle en avait le désir. Le désir c’est unechoseoubliéeenellesurlaquellesesontaccumulésdesjours,desmois,desannées de mutisme parfait. Un désir dérisoire, elle s’en rend bien compte, coupable d’exister puisqu’il n’est enraciné en rien de louable. En même temps, comment distinguer ce qui est louable de ce qui ne l’est pas ? À trente-trois ans elle a envie, oui, pour la première fois elle saurait, elle pourrait l’exprimer à peu près ainsi : elle a envie de cette robe rouge. Ce n’est pas un désir. Ce n’est pas juste pour la robe. Mais le fait qu’elle soit rouge, cela en soi suffit. Elle pense alors qu’elle est devenue folle, et court se mettre chez elle à l’abri. »
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