Horde | Ricardo Menéndez Salmón

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RICARDO MENÉNDEZ SALMÓN
Horde
Titre original : Horda
Traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu
120 pages / 16 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-42-9
Conception graphique : Louise Desmettre & éditions do
Paru le 6 octobre 2022
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〈 Le livre 〉
Dans un monde où, à force d’être pervertis, les mots ont perdu leur sens, les enfants se sont emparés du pouvoir et ont instauré le silence comme norme. En même temps que cette obligation, ils ont créé une religion de l’image, matérialisée par un dispositif monumental qui émet sans répit des stimuli visuels, et ils persécutent toute manifestation verbale ou écrite.
Dans cette réalité sourde et muette, quelqu’un appelé IL (il n’y a pas de noms propres dans cette fable) tente de trouver un sens à l’existence, protégé par trois singuliers compagnons : un livre, un singe et le rire.
Ricardo Menéndez Salmón concentre dans ce roman les grands thèmes qui ont marqué son œuvre tout au long des années, comme la perte du sens du discours collectif, la mort de la parole, le legs que nous transmettons à ceux qui nous survivent, et la façon dont la technologie nous transforme et nous change en une autre espèce d’humains.
Intense, stimulante et impeccablement écrite, Horde est une parabole qui, comme telle, aspire à contenir une leçon morale.
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〈 À propos 〉
« Intense et âpre, comme guidé par un soleil noir, ce court roman est un hymne à la puissance du langage. »
Librairie L’Usage du papier Trouville-sur-mer
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Le Monde Ariane Singer
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« À force d’être perverti, le langage a été interdit et le monde est devenu silencieux. Le personnage de ce court récit d’anticipation va se confronter au Mot interdit, en compagnie d’un bonobo, lointain cousin génétique qui ne nous ressemble que trop bien dès lors que nous ne parlons plus. L’auteur fait basculer son personnage de l’indicible à la parole révélée, et fait du rire la réminiscence d’une mémoire ancestrale. Avec l’expérience de cette révélation, il offre aussi une réflexion sur le langage, aussi bien au sujet de sa puissance salvatrice que de son inévitable tendance à l’appauvrissement. »
Thibault Librairie Le Silence de la mer Vannes
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« La société est désormais dirigée par les enfants, mot qui – si l’on en croit l’étymologie latine signifie “qui ne parle pas” — et effectivement, les enfants ont imposé une civilisation de l’image pure : parler, lire et écrire sont désormais interdits, les individus sont constamment surveillés par ces enfants impassibles, sans affects ni empathie. Ce roman de Ricardo Menéndez Salmón fait penser aux cauchemars des années 60, à un croisement entre le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et le film Le Village des damnés de Wolf Rilla, l’auteur y démontre avec un angoissant talent qu’à force de ne plus vouloir rien dire et d’être constamment retournés comme des gants et privés de substance par les discours politiques, les mots ont fini par disparaitre. Le narrateur est un homme qui va chercher la possibilité d’à nouveau parler et échapper au Magma, le flux incessant des images.
Et la stratégie employée par l’auteur pour nous raconter cette histoire est d’user d’une langue magnifique, soutenue, brillante.
Un vrai choc de lecture, merci aux éditions do pour ce travail exigeant & nécessaire. »
Éric Pessan écrivain
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Librairie Terranova Toulouse
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« Le monde est désormais aux mains des enfants qui tous se ressemblent physiquement. Exaspérés par l’usage déformé des mots par les adultes qui rendent les paroles mensongères ou à double sens, ils ont pris le pouvoir et interdit le langage. Le monde n’est plus que silence sous le contrôle de Magma “un inépuisable pourvoyeur de stimuli” visuels, diffusant des images partout et tout le temps en continu et le thésaurus qui sonde les esprits et donne la mort immédiatement à ceux qui contreviennent à la loi. La parole est bannie, les livres ont disparu, les hommes ont perdu l’usage du langage. Un homme, un certain “IL”, va découvrir incidemment par le biais d’une femme aperçue lisant un livre et riant qu’un monde oublié existait avant et qu’il est peut-être possible d’y revenir si l’on en a le courage et la volonté… ?
Un très court roman, costaud mais très intéressant.
Cette dystopie nous montre une société sous l’éteignoir d’une dictature. Des gamins tellement identiques qu’on les imagine clonés, défilant en rangs parfaits diffusant la peur, associés à des images de mains levées, de sinistre mémoire.
Revenons à la base du roman. Si cette société en est arrivée là, c’est parce que les mots ont perdu leur sens initial. Les gens les utilisaient à tort et à travers rendant les discours inintelligibles ou vidés de leur sens véritable. N’est-ce pas déjà en partie le cas dans notre monde ? Quand les Républicains américains voient les Démocrates comme des “communistes” ? Quand certains opposants ou certains Gilets jaunes crient à la dictature en France ? Deux exemples parmi mille qui polluent débats et discussions. Perdre les mots, c’est perdre le langage et la parole.
Et quand “IL” gardien de singes, les libère et commencera une quête rédemptrice en compagnie de l’un d’eux, nous aurons un couple étrange, d’un côté celui qui a régressé en oubliant le langage, de l’autre celui du quasi homme, qui n’a pas encore (?) atteint le stade oral élaboré.
Intéressant, non ? »
Le Bouquineur
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Nikola Delescluse présente Horde dans son émission Paludes sur Radio Campus Lille