Bellas artes

LUIS SAGASTI
Bellas artes
Titre original : Bellas artes
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Jean-Marie Saint-Lu
128 pages / 16 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-07-8
Conception graphique : Mr Thornill
Paru le 8 septembre 2017
La traduction de ce livre a bénéficié du soutien du Centre national du livre.
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L’enfance est le temps de la vie où l’on apprend à lire. Ce livre est fait de la même sorte de joie. Martin Kohan, écrivain
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〈 Le livre 〉
Qu’ont en commun Le Petit Prince, les sombres années de jeunesse de Jürgen Habermas, l’artiste Joseph Beuys, le saxophoniste John Gilmore et Bill Pilgrim, le protagoniste d’Abattoir 5 ? « Le monde est une pelote de laine », ainsi débute ce livre. Mais comment tourne-t-il ? Qui tire ses fils ? Il y a ceux qui disent que tout est le résultat d’une grande conspiration  « L’homme n’est jamais allé sur la Lune ; Paul McCartney est mort en 1967 et a été remplacé par quelqu’un qui lui ressemblait ; le Christ n’est pas descendu de la croix, il a eu des jumeaux avec Marie-Madeleine, Shakespeare est Francis Bacon », etc. Explication, écrit Luis Sagasti, qui est le « résultat d’une extraordinaire paresse intellectuelle. » Mieux vaut, selon lui, parler en termes de secrets, mieux même, en terme d’omissions. Car depuis des milliers d’années la pelote de laine tourne et ses fils se croisent en couches infinies. Alors par où commencer s’il n’est pas facile de trouver le bout ? Dans ce livre inclassable, l’écrivain choisit de tirer un des fils, de le couper d’un coup sec et de construire une merveilleuse constellation à partir de personnages — Joseph Beuys, Kurt Vonnegut, Antoine de Saint-Exupéry, Jürgen Habermas, mais aussi Matsuo Basho, Marina Abramović, Ludwig Wittgenstein, Primo Levi, Jorge Barón Biza, Sun Ra, Youri Gagarine ou encore Glenn Miller — liés par les fragments les plus curieux de leurs biographies.

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〈Extrait 〉

« Le monde est une pelote de laine.

Un écheveau dont il n’est pas facile de trouver le bout.
Quand on ne le trouve pas, on en prend une partie, on la sort de l’ensemble, on tire un petit morceau de fil et on le coupe d’un coup sec. Ensuite, si on trouve l’autre bout, on aura toujours le temps de les nouer. Une recette de cuisine.
Certains pensent que le monde est une pelote de laine, de la laine d’un agneau qui s’est immolé il y a très longtemps pour que tout le monde puisse se protéger du froid.
Et ils trouvent cette idée réconfortante.
D’autres pensent qu’en fait le monde tient par des fils. Comme si le véritable écheveau se trouvait ailleurs. Alors on le dit et on publie des titres et des manchettes de journaux qui tentent d’expliquer des choses comme qui donc tire les fils du monde.Couvertures de revues : sur fond noir, deux yeux menaçants. Et il y a des écrivains qui écrivent des livres sur ce thème. Tout cela n’est rien d’autre que la fameuse théorie des conspirations. Explication qui est le résultat d’une extraordinaire paresse intellectuelle : il existe un groupe d’hommes qui décide de tisser la trame de notre vie. Comme on vous le dit. Parce que : a. ils sont bons et purs ; b. ils veulent préserver leurs revenus ; c. ils sont mauvais, très ; d. ils gardent un secret dont la révélation signifierait notre fin et la leur, bien entendu. Pour ceux qui lisent le monde de cette façon, toute conspiration, parce que les conspirations ont toujours existé, hein, est le résultat visible d’une conspiration plus importante. Et les petites conspirations sont toutes reliées entre elles. L’homme n’est jamais allé sur la Lune ; Paul McCartney est mort en 1967 et a été remplacé par quelqu’un qui lui ressemblait ; le Christ n’est pas descendu de la croix, il a eu des jumeaux avec Marie-Madeleine ; Shakespeare est Francis Bacon ; la Loge Lautaro est une branche de la franc-maçonnerie, qui est une branche des rose-croix, qui est une branche des gnostiques et l’arbre devient si haut que non seulement il cache la forêt, mais remplit tout d’ombres où apparaissent alors ces deux yeux noirs menaçants qui veulent que nous sachions qu’il y a quelque chose qu’il vaut mieux ne pas savoir. Parce que, et cela, en revanche, nous le savons, les conspirateurs laissent toujours des indices, comme si tout n’était qu’un jeu de cache-cache. Pour les personnes qui pensent de cette façon, tout secret constitue un complot, parce que quand on conspire, on respire à l’unisson et tout bas, comme lorsqu’on murmure un secret. »

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Comme une luciole dans la vitrine de la librairie Terra Nova, Toulouse, (sapin de) Noël 2018

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〈À propos 〉
« À Buenos Aires j’ai acheté Bellas Artes, de l’écrivain argentin Luis Sagasti. C’est un livre qui explique comment marche le monde. Sagasti y raconte en un instant ce qui est réellement très long à expliquer. Ce livre est vraiment incroyable. » Enrique Vilas-Matas, écrivain

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« On n’est jamais au bout de nos surprises avec la littérature argentine. en voilà un qui réussit le prodige de créer une fable/essai où joseph beuys croise vonnegut qui croise saint-exupéry qui croise basho, qui croise wittgenstein etc, et de ce tissage où il est beaucoup question de cri et de nuit infinie naît un texte qui se rêve haïku, la forme d’expression par laquelle le monde s’appréhende d’un seul coup d’oeil. si le haïku est l’horizon inatteignable du livre, moi j’ai frôlé le satori. » Céline Leroy, traductrice (de l’anglais), donc lectrice (de tout)
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« D’abord, on lit ce livre d’une traite, époustouflé par son érudition et la beauté de sa langue. Ensuite, lorsque la lecture est achevée, on se demande ce que l’on a lu. On sait qu’il a été question de l’homme qui a abattu l’avion de Saint-Exupéry, que l’avion abattu de Joseph Beuys était là pendant que Kurt Vonnegut errait dans Dresde en flammes en tentant d’éviter les lions et les crocodiles échappés du zoo dévasté. On écoute les cris de Marina Abramovic tandis qu’un prêtre s’accroche à mille ballons d’hélium et monte au ciel pour ne jamais redescendre… Youri Gagarine, Glenn Miller sont du voyage, tout comme un cochon volant décroché lors d’un concert de Pink Floyd. Et on se dit que tout l’art de Luis Sagasti est celui d’un conteur, ce sont des histoires enchantées qu’il nous offre : celles qui sont terriblement humaines et véritables mais à ce point merveilleuses qu’elles semblent se tenir en lisière des rêves.
Immense coup de cœur, et une nouvelle magnifique trouvaille. » Éric Pessan, écrivain

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« Dernier apparu des éditeurs girondins (pour ne pas dire bordelais), les éditions do ont, en un peu plus d’un an, impressionné par la qualité de leur catalogue (pour ne pas parler de la beauté de leur ligne graphique due au Studio Mr Thornill). En attendant de découvrir La décision de Brandes signé Eduard Màrquez, et après le choc de Culture de plantes méridionales selon la méthode de Mitchourine de Weronika Murek, on recommande des deux mains le livre magnifique d’un Argentin, Luis Sagasti : Bellas artes, bouquin stellaire et vertigineux qu’on essaie de lire le plus lentement possible pour ne pas le quitter, cent-vingt pages d’intelligence à goûter en écoutant Sun Ra. Un livre vert qui mériterait de conjurer la petite malédiction que cette couleur ferait peser sur ceux qui l’osent… Bref, la gamme de Do en impose, sans conteste ni concerto. » L’Arbre Vengeur éditeur, bon lecteur et bon camarade

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Le goût de septembre 2017 de la librairie Vendredi, Paris

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Du réel à la fiction, de la vie au mythe. « Bellas Artes est un magnifique ouvrage, qui tire ses ficelles de la vie réelle d’artistes et des mythes qu’ils se sont construits autour de leur vie et de leur oeuvre. Entre la réalité et la fiction, il n’y a qu’un pas. Sagasti produit ici une magnifique constellation d’histoires, et rend ainsi hommage à l’art ! » Charlotte, Fnac

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En majesté dans la vitrine de la libraire des éditeurs associés, Paris

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« C’est un livre insolite, inclassable. Il tente de nous expliquer comment marche le monde et commence ainsi : « Le monde est une pelote de laine. » On l’ouvre, on le lit d’une traite puis on se pose la question : qu’ai-je lu ? L’écriture est sublime. On y a rencontré Youri Gagarine, Glenn Miller, Saint-Exupéry et bien d’autres encore que l’on découvre. On a écouté un concert des Pink Floyd… On a parcouru des histoires merveilleuses mais terriblement humaines et vraies. C’est un conte extraordinaire, déroutant, inracontable, mais à lire absolument. » Mathilde, art-miss.org

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« Dans un mélange hypnotique d’érudition et d’imagination, Bellas artes examine et célèbre l’art de raconter des histoires. C’est un livre plein de connexions surprenantes et d’images inoubliables, composé avec une curiosité infinie et un esprit espiègle contagieux. Comme Borges avant lui, Sagasti a produit cette chose rare, une œuvre de fiction aussi savante qu’amusante. De la première à la dernière page, je l’ai lu avec un sentiment intense d’excitation et une certitude grandissante que Sagasti est l’un des écrivains les plus remarquables au travail aujourd’hui. Sérieusement, je ne peux pas vous dire à quel point j’aime ça. » Gary Michael Perry, Foyles bookshops, Royaume-Uni (Bellas artes y est paru début 2018 dans une traduction de Fionn Petch sous le titre Fireflies)

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« Je ne verrai plus les œuvres de Beuys de la même façon en l’imaginant couvert de graisse et entouré de feutre, rêvant près du chaman tartare… » Patrick Geffard

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