La Brave Bête du coin

La Brave Bête du coin JOÃO GILBERTO NOLL
Titre original : O quieto animal da esquina
Traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec
96 pages / 14 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-09-2
Conception graphique : Mr Thornill
Paru le 13 mars 2018
Ouvrage publié avec le soutien
du ministère de la Culture / Fondation Bibliothèque nationale
et du ministère des Affaires étrangères du Brésil

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Un jeune poète désœuvré traîne dans un quartier mal famé de Porto Alegre. Arrêté par la police pour le crime qu’il vient de commettre, il est mystérieusement relâché et interné dans une clinique, avant d’être recueilli dans une vaste propriété par un couple d’Allemands. Incapable de peser sur le cours de son existence, il s’abandonne alors au confort de cette vie nouvelle, tout en s’interrogeant sur les motivations réelles de son énigmatique protecteur. Lui sera-t-il donné d’être autre chose que son obligé, son garde-malade, son animal de compagnie ?
Atmosphères équivoques, créatures désemparées, danse violente des corps, insaisissable mécanique du temps… Hypnotique comme un film de David Lynch, La Brave Bête du coin déroute et fascine.

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« De nombreux écrivains naïfs continuent de chercher le réalisme soit dans le monde concret, soit dans leur propre histoire, illusions auxquelles Noll a su échapper. » José Castello, écrivain

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« Récit magnifiquement diffracté, La Brave Bête du coin est l’exploration kaléidoscopique d’une conscience, celle d’un homme blessé et blessant qui se heurte violemment au monde sans pouvoir se raccrocher à grand-chose, pas même au passage du temps. » Brian Evenson, écrivain

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« (…) je saisis en sombrant que la seule vérité de l’homme, enfin entrevue, est d’être une supplication sans réponse. » L’Expérience intérieure, Georges Bataille. Une citation, envoyée par le traducteur Dominique Nédellec, qui pourrait faire écho à La Brave Bête du coin.

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Cultura, St-Aunès
Librairie Myriagone, Angers

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Sur Radio Campus Lille, dans l’émission Paludes, une lecture d’un extrait suivie d’une très bonne analyse de La Brave Bête du coin, à écouter pendant 9’22

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Une des légendes du Brésil
Encore inconnu en France, João Gilberto Noll, décédé l’an dernier, est une référence au Brésil. Auteur d’une vingtaine d’œuvres, romans et nouvelles, il a obtenu divers prix littéraires et plusieurs de ses textes ont été adaptés au cinéma. Les éditions do, dont le siège est à Bordeaux, permettent de le découvrir, enfin, en France, avec ce court roman étrange et ouvert.
Le narrateur est un jeune homme qui vit avec sa mère à Porto Alegre. Au chômage depuis trois mois, il se laisse vivre, il déambule dans les rues de sa ville. Une séance de cinéma, une fille rencontrée par hasard, une étreinte rapide, sans plaisir, occupent ses heures.
C’est parti pour une sorte d’errance sans but avéré, pour une tranche de vie (la vie a-t-elle un but ?) dans Porto Alegre, puis à travers le Brésil. Le jeune homme écrit des poèmes, il fait des rencontres, parmi lesquelles un couple de vieux Allemands qui le recueillent après le départ de sa mère.
Hors de toute aventure, on voit le narrateur être témoin bien plus qu’acteur, c’est sa nature ; témoin d’une foule de spectacles, parfois anodins, parfois d’une grande importance pour lui. Ce qu’il voit, ce sont des manières de vivre ou d’être, très éloignées de la sienne et le lecteur, souvent de façon presque inconsciente, découvre la réalité brésilienne : activités de rues, sursauts politiques (on manque de peu Lula lui-même, il va intervenir dans un meeting), ambiances cariocas, que le jeune homme découvre aussi. D’autres réalités, plus universelles, apparaissent également : la maladie, la mort, le veuvage, la solitude ou la vie partagée…
Le lecteur lui aussi est témoin, essentiellement témoin… mais, à travers le non-dit, l’apparente banalité, il sent en lui d’abord de timides réactions par rapport à ce qui arrive au protagoniste, puis des réflexions qui peuvent naître (ou non, selon sa disponibilité), qui peuvent aller de l’adhésion au refus (je sais que certaines scènes qui, pourtant, ne dépassent pas les bornes, ont pu en choquer certains).
La richesse de La Brave Bête du coin tient précisément de la liberté absolue du lecteur à se laisser simplement porter, à se mettre à commenter les événements racontés ou à profiter du plaisir brut de la lecture. Christian Roinat, espaceslatinos.org