La Nuit féroce

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RICARDO MENÉNDEZ SALMÒN
La Nuit féroce
Titre original : La Noche feroz
Traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu
128 pages / 16 € / Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-25-2
Conception graphique : Mr Thornill
Parution le 28 avril 2020
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« De tous les plaisirs que connaît l’homme, aucun n’est plus grand que celui de causer de la douleur. »
« Dans les petits villages, l’enfer est toujours plus grand. »
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〈 Le livre 〉
1936. Sur fond de guerre fratricide, dans un petit village au nom étrange entouré de montagnes, le maître d’école est invité à partager une table dans une des maisons du lieu. Mais le terrible meurtre d’une jeune fille fige cette scène et libère la brutalité qui sous-tend ce village isolé lorsqu’un groupe d’hommes part à la chasse au meurtrier. Deux innocents fuient, persécutés par la colère aveugle des hommes, tandis qu’une terrible suspicion prend forme.
Un maître d’école tourmenté par le passé, un prêtre cruel et un peuple engourdi par la peur sont les protagonistes de La Nuit féroce, conte noir dans lequel une menace troublante imprègne l’histoire du début à la fin. Un mal profond, enraciné dans le passé, irréfutable et impassible, gouverne le temps et l’espace dans ce roman où résonnent la tragédie grecque et l’oeuvre de Dostoïevski.
Comme dans toute l’oeuvre de Ricardo Menéndez Salmón, il s’agit une fois encore ici de la représentation du mal et de ses manifestations chez les êtres humains. Et bien qu’il ne s’agisse pas dans ce roman — dont l’auteur dit qu’il est de tous ses livres « le plus complet, le plus parfait dans son architecture » — d’une histoire de guerre civile typique, le contexte historique (1936) est transcendant, non pas tant en raison de ses connotations spécifiques qu’en raison de son essence tragique et barbare, idéale pour compléter l’atmosphère.
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〈 A propos 〉
Espagne, 1936, un village reculé, isolé.
Nuit de novembre.
Comme chaque soir le maitre d’école Homero s’invite à une table chez un des habitants (« les hôtes »), c’est la tradition. Sans salaire, c’est le village qui le nourrit, il est « pique-au-pot ». Cette nuit, la découverte du viol et du meurtre d’une fillette déclenche la colère. Trois hommes, La Mort, Ezequiel et à leur tête le curé Aguirre décident de partir en chasse.
Il suffit d’une nuit pour que s’affrontent « les Hôtes » , « les Chasseurs » et les « les Innocents ». Dans ce conte métaphysique, Ricardo Menéndez Salmon explore la mal aveugle qui s’abat sur les hommes. Enraciné dans les origines sombres de l’histoire du village, c’est ce mal qui les gouverne depuis toujours , ni Dieu, ni la nature.
Homero : « Parce que c’est du mal qu’il s’agit, voilà de quoi il s’agit. Parce que ce qui se résout ici cette nuit, ce n’est pas si la grâce, la rédemption ou le châtiment existent ou non, mais s’il y a une justification pour ce que nous faisons, pour ce que nous pensons, pour cette vie qui nous est échue ».
La comparaison en lecture n’a pas lieu d’être je crois, mais il n’empêche qu’un certain Abel Tiffauges m’a accompagné tout au long de ce texte. La nature « antiphorique » des actes de ces hommes, incarnation du mal qui les dépasse, ne laisse finalement que peu d’espoir.
C’est envoûtant. Il y a dans la construction presque géométrique de ce conte, une beauté, une musique tragique. Un bonheur de lecture.
Librairie Lemarque Page Quintin
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IMMENSE TEXTE !
La Nuit féroce de Ricardo Menéndez Salmon, c’est la fureur de l’humanité toute entière qui y prend corps et l’habite. Fable terrible et dramatique, car simple extrait de notre incompréhensible Histoire, cette nuit féroce est un feu qui dévore nos espoirs, c’est une tranchée creusée dans nos brèches les plus profondes, qui fait resurgir tous les vieux ossements de nos peurs et de nos humiliations. Cette nuit tombe sur vous et vous embrase, pour pouvoir enfin goûter à la paix, après le bruit et la fureur. Magnifiquement traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu
Librairie Myriagone Angers
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