Une fois (et peut-être une autre)

KOSTIS MALOÙTAS
Une fois (et peut-être une autre)
titre original : μια φορά (και ίσως κι άλλη μία)
Traduit du grec par Nicolas Pallier
Format : 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-18-4
Conception graphique : Mr Thornill
Couverture : Pantone Pant Blue 072 / Pantone Argent P877
Parution le 27 août 2019
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La traduction de ce livre a bénéficié du soutien du Centre national du livre
Les éditions do reçoivent en 2019 un soutien de la région Nouvelle-Aquitaine pour leur programme éditorial
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Il est admirable qu’au cours de quatre millénaires de fiction, il n’y ait jamais eu deux livres identiques du début à la fin. Deux livres identiques parmi le nombre infini de livres différents.
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Pour paraphraser Héraclite, on pourrait dire qu’il n’est pas possible d’entrer deux fois dans le même livre.
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〈 Le livre 〉
Paraît un jour un livre, d’un romancier allemand, qui raconte l’histoire universelle, sagement absurde bien qu’alambiquée, d’un homme ordinaire, à une époque et dans une ville impossibles à situer. L’ouvrage, dont le titre est Une fois (et peut-être une autre), passe inaperçu ou presque, jusqu’à ce que l’on découvre, sept ans plus tard, l’existence d’un roman « jumeau », au titre et à l’intrigue en tous points identiques. Un livre publié à la même période, mais de l’autre côté de l’Atlantique, dans une autre langue, par un auteur uruguayen. Lequel serait resté dans l’anonymat le plus total s’il ne s’était pas ainsi trouvé, avec son confrère allemand, promu héros d’une vertigineuse coïncidence dont s’emparent vite éditeurs, essayistes, critiques, universitaires… Mais la question demeure : deux hommes, étrangers l’un à l’autre, peuvent-ils réellement avoir écrit le même roman ?
Avec une ironie diffuse, traversée d’élans burlesques, Kostis Maloùtas dessine dans ce roman, de fausses pistes en vrais questionnements, un impressionnant réseau de textes « gigognes » où sont soulevés, un à un, les grands enjeux du monde de l’édition.
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〈 Extrait 〉
« L’un des aspects les plus séduisants de la réalité est son imprévisibilité, y compris lorsqu’elle se comporte de la plus simple et prévisible des manières — quoique d’aucuns aient pu soutenir que c’est dans ce cas précis que réside sa magie. Et les premiers à n’en pas disconvenir, selon toute vraisemblance, auraient été Wim Wertmayer et Joaquín Chiellini, ces deux écrivains qui firent sensation dans le monde des lettres, et bien au-delà, avec leurs romans respectifs. Rares sont ceux qui auraient pu prévoir ce qui arriva à la fin du siècle dernier, et quand même y seraient-ils parvenus, ils auraient imputé leur prédiction à la perfidie d’une imagination maladive, et non aux versions admises, et probables, de la réalité. »
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〈 A propos 〉
Désopilant , casse-tête, intelligent, absurde, grotesque, ce premier roman grec du jeune auteur, Kostis Maloùtas !
J’ai entre les mains ce fascicule encore presque à l’état brut, sa couverture blanche, et cette notation Epreuves non corrigées, mise en vente le 27 août 2019…. aux éditions Do. L’envie de le découvrir est encore plus grande, d’autant que le sujet même de ce roman s’y prête avec sa mise en abyme…
Cette lecture me laisse perplexe dans un premier temps, avec des accents de Georges Pérec et l’OULIPO, des fausses coïncidences de Ionesco…
Mais je me prends au jeu, car c’est intrigant, avec les textes imbriqués, et la fin insolite.
Le récit relève de l’absurde, et il explore méticuleusement, dans le monde de l’édition, cette faille dans laquelle sombrent brusquement des personnages, vrais ou faux, dédoublés : deux écrivains qui ont écrit le même livre en même temps dans deux continents différents, et deux langues différentes, deux critiques littéraires de chacun de ces romans, deux éditeurs… C’est ici que tout se complique pour le grand bonheur du lecteur qui est arrivé jusque-là, alors que le livre qu’il tient entre ses mains l’exhorte à le lâcher !

Geneviève MB pour la librairie Les Saisons, La Rochelle

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« Deux romans, donc, deux analyses (et des poussières), deux éditeurs, deux systèmes littéraires. Deux livres ignorés à leur sortie, deux auteurs méconnus qui font fortune et deviennent célèbres aux quatre coins de la planète non pas grâce à leur originalité, mais grâce à son absence même : leurs romans sont identiques, au mot près, un peu comme lorsque, chez Borges, l’écrivain Pierre Ménard réécrit Don Quichotte, mais sans le décalage temporel. (…) Le roman de Kostis Maloùtas est un livre ouvert, à tous points de vue, dans lequel on entre avec autant de facilité que de plaisir, malgré tout ce qu’il contient. »
Titìka Dimitroùlia, CNN Greece
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« Curieux, vraiment curieux, voilà ce que je me disais en progressant dans ma lecture, et j’ignorais que je continuerais à me le dire même une fois la lecture terminée, pensant connaître, justement, les limites d’une lecture, à vrai dire les croyant acquises, bornées par la première et la dernière page, comme c’est le cas d’habitude… mais n’entrons pas trop dans les détails. Curieux, vraiment curieux, voilà ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman cérébral dans sa conception et sa construction, un jeu de reflets et de questionnements continuels, une géniale provocation. »
Yànnis Kalogeròpoulos, NO14ME
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« Écrit dans une langue simple, économe, le premier roman de Kostis Maloùtas s’en tient au strict essentiel – noms de lieux et de personnages, traits de personnalité, événements narratifs –, qu’il nous donne presque à contre-cœur, du bout de la plume. Car le véritable protagoniste du livre, c’est l’écriture elle-même. (…) L’inspiration, l’intertextualité, la traduction, l’aspect commercial d’un livre, l’universalité de l’écriture, le sens de l’originalité, les débats critiques, le jeu des trouvailles littéraires, sont tout à la fois les héros du livre et ses enjeux thématiques. Comme cela arrive dans la littérature de l’absurde, ou par exemple dans les romans de José Saramago, l’écrivain répond à la question : « Que se passerait-il, si ? ». Que se passerait-il, donc, si deux auteurs écrivaient, sans raison ni explication objectives, le même livre ? La réponse n’est autre que ce livre. »
Thomas Tsalapatis, poète, sur son blog Groucho marxism
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Les extraits des critiques sont traduits du grec par Nicolas Pallier, auquel l’éditeur adresse toute sa reconnaissance, et plus encore, pour non seulement lui avoir proposé ce texte, et partant, ce projet, et pour l’avoir aussi amicalement accompagné. 
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〈Le traducteur〉
Nicolas Pallier est né en France en 1985 et il vit aujourd’hui en Grèce. Après un Master de cinéma et un Master d’études culturelles effectués à Montpellier, il s’est orienté vers le grec moderne et la traduction. Il a été boursier de la formation pour jeunes traducteurs de la littérature néo-hellénique de la Fondation Pétros Haris en 2013-2014, et travaille depuis en tant que traducteur du grec au français. Il est membre du Comité grec pour la Maison Antoine Vitez.
Il a traduit notamment : Nikos Karoùzos, Poèmes dans l’obscurité (choix de poèmes, en co-traduction avec Michel Volkovitch), éditions Le Miel des Anges, 2015 ; Yannis Tsirbas, Victoria n’existe pas, Quidam éditeur, 2015 ; Manòlis Pratikàkis, L’Arche (choix de poèmes, en co-traduction avec Michel Volkovitch), éditions Le Miel des Anges, 2016.