Malacqua

Malacqua NICOLA PUGLIESE
Quatre jours de Pluie dans la ville de Naples
dans l’attente que se produise un Événement extraordinaire.
Titre original : Malacqua
Quattro giorni di Pioggia nella città di Napoli
in attesa che si verifichi un Accadimento straordinario
Traduit de l’italien par Lise Chapuis
Format 13 x 20 cm / ISBN 979-10-95434-12-2
Conception graphique : Mr Thornill
Paru le 8 novembre 2018
La traduction de ce livre a bénéficié du soutien du Centre national du livre.
Ce livre a été traduit grâce à la contribution du Ministère des Affaires étrangères italien et de la Coopération internationale italienne
 Questo libro è stato tradotto grazie al contributo del Ministero degli Affari Esteri Italiano e della Cooperazione Internazionale Italiana
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La première traduction de Malacqua est parue en langue anglaise, aux éditions And Other Stories ; la deuxième est cette traduction française ; depuis les droits de traduction ont été vendus aux Etats-Unis, en Roumanie, en Grèce, en Espagne, en Finlande et en Allemagne. Les droits ont également été achetés pour le cinéma (les éditions do n’ont rien à voir avec tout cela).

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 Malacqua est un livre « qui a un sens, une force, une capacité expressive ». Italo Calvino
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« Malacqua est un livre magnifique, publié en 1977 par Einaudi. Introuvable car jamais republié depuis. Nicola Pugliese, écrivain extraordinaire, ne voulut pas le laisser revenir en librairie, par timidité, pudeur, mélancolie peut-être. (…) Je me souviens de son oeuvre merveilleuse et de sa timidité. » Roberto Saviano
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« Quel est le secret de ce roman singulier? Quelle est l’illusion d’une écriture comparée par les critiques à Cent ans de solitude de Márquez et qui s’inscrit dans la grande tradition européenne du XXe siècle qui mène de Joyce à Kafka, en passant par la langue de D’Arrigo et la douloureuse autobiographie de Carlo Emilio Gadda ? » Armida Parisi
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« Nicola Pugliese est l’écrivain d’un seul livre, Malacqua. Mais quel livre ! Il paraîtra en novembre prochain aux éditions bordelaises do. Son histoire est aussi simple que Pugliese fut radical dans l’engagement de l’écriture. Ce livre est un loup. Un caillou. Son auteur aussi. » Lire l’article de Serge Airoldi publié dans la revue numérique de l’ALCA Éclairs→ Dans le trou comme au ciel, sur la terre comme aux pluies 
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« Quand un immeuble s’effondre, à Marseille ou à Naples, un monde s’écroule. Retour sur un chef-d’œuvre de l’effondrement, Malacqua, roman italien de 1977, traduit enfin en français. » Lire l’article de Lise Wajemanpublié par Mediapart : → Malacqua, chef-d’oeuvre de l’effondrement
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Ah mais quel livre incroyable, magnifique ! merci mille fois de me l’avoir envoyé et fait découvrir ! par… Claro, dans le feuilleton du Monde des livres du 30 novembre 2018, →Il pleut sur Naples

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librairie Myriagone, Angers
« Comme une montée inexorable des eaux, Malacqua nous imprègne d’une sensation étrange soulevée par l’imminence de l’inéluctable. Les phrases coulent et se diffusent inlassablement nous entraînant dans un tourbillon de pensées. Nicola Pugliese finit de remplir la coupe et nous la déverse sur le sommet du crâne avec une agilité saisissante. On en sort hypnotise et sacrément marqué ! »
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Sous le déluge étrange, noyez-vous dans Malacqua, par Maxime Simionenko, Actualitté
« Il est impossible de présenter Malacqua sans la pluie. Oui, parlons-en de cette pluie, parlons-en : une mélopée qui se répète, se répète, encore et encore. Elle semble être partout et nulle part à la fois. Une synesthésie omniprésente, créée à partir du style poétique et répétitif de Pugliese, à la manière d’un refrain. Les averses, on peut les voir, les sentir, presque les entendre en tournant les pages. Là où Zola donne vie à la Lison dans sa Bête humaine, l’auteur italien, lui, donne une âme au déluge napolitain :
« Il n’y avait plus de raison de sourire, avec cette pluie d’aujourd’hui, définitivement plus aucune […]. Sur la ville, si l’on levait les yeux, ce voile de pluie tombait, tombait, et la pluie formait au loin une fine trame, les pensées elles-mêmes étaient des pensées humides et rayées, profondément marquées par cette fine pluie verticale qui tombait tombait à travers des filaments d’eau se perdant dans l’eau déjà tombée et dans celle qui allait tomber. Il y avait en effet désormais une certitude profonde, cruelle, implacable : cette pluie allait continuer, oui, elle allait continuer jusqu’à ce que l’événement se soit manifesté avec évidence, jusqu’à ce que la signification dernière soit devenue claire et indiscutable même dans les esprits les plus désarmés, les plus faibles. »
C’est dans ce climat particulier que l’écrivain-journaliste nous offre un riche panorama de personnages, souvent mélancoliques, aux noms chantants, si propres à la langue italienne : Andreoli Carlo, Picozzi Salvatore, De Rosa Ferdinando… Il les met en scène dans leur quotidien, avec en arrière-plan cette cataracte, pour mieux faire ressortir leur mélancolie. Misère sexuelle, désir d’émancipation, mortalité… Chacun des protagonistes attend, patiemment, que les averses se calment, et qu’un événement extraordinaire vienne les extirper de cette vie circulaire, de cette ville en carton qui s’effondre progressivement sous le poids des gouttes.
Sous la grisaille constante de la région de Campanie, d’étranges événements surviennent sans prévenir : effondrements de terrains, murmures mystérieux dans les décombres, la mer qui poursuit les gamins du quartier… Il ne manquerait plus que les pièces puissent chanter, n’est-ce pas ?
Si, chers lecteurs, vous n’êtes toujours pas convaincus par Malacqua, permettez que je reprenne une formule de l’auteur, remaniée bien sûr, qu’il avait adressée à son éditeur pour lui présenter son livre :  « Cher lecteur, le roman est comme il est. Si vous voulez le lire, vous le lirez. Si non, merci et au revoir. » »
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A lire encore, en italien, signalé par Lise Chapuis, traductrice française du livre, ce très long article, en deux parties, publié début novembre 2018 sur ilmattino.it :
Non c’è giustizia per chi precipita nelle viscere della città
I fantasmi di Malacqua tra i rimorsi e le colpe di una città che frana
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Le livre fut écrit en 1976, en 45 jours, et grâce à son frère Armando, metteur en scène qui travaillait à Rome sur une adaptation du Baron perché de Calvino, il atterrit dans les mains de l’écrivain, qui lui dirigeait une collection aux éditions Einaudi, une des plus importantes de l’époque.
Pugliese est ensuite allé le voir à Turin, il se souvient d’un homme triste, fermé, qui ne parlait pas beaucoup. Calvino lui a proposé quelques corrections, qu’il a acceptées, mais quand d’autres plus tard sont arrivées, il lui a répondu : « Caro Calvino, il libro è questo: se lo vogliamo pubblicare lo pubblichiamo; se no, non fa niente. Grazie lo stesso, e ci salutiamo qua ». «Cher Calvino, le livre est comme il est : si vous voulez le publier, vous le publiez ; sinon, ça ne fait rien. Merci quand même, et au revoir ».
À ce stade, Calvino a été convaincu, et le livre a été publié par Einaudi. Mais pourquoi ? Qu’avait-il trouvé dans Malacqua ? Peut-être quelque chose qui l’avait toujours attiré, comme il le dit dans un ancien entretien : « J’ai toujours été intéressé par les récits primitifs, les contes populaires, les mythes anciens, les contes des peuples d’autres civilisations : dans chacune de ces histoires, il y a quelque chose de très mystérieux, par lequel on semble saisir l’essence même de raconter ».
Le livre a eu un certain succès, fut réimprimé, puis il a disparu progressivement des librairies. Pendant de nombreuses années ensuite, il n’a circulé qu’en photocopies parmi les admirateurs, et les très rares exemplaires disponibles, véritables objets de culte, sont très recherchés par les bibliophiles. En 2013, un an après la mort de l’auteur, il a été réédité par Tullio Pironti Editori et en 2015, il est arrivé au Napoli Teatro Festival, dans une adaptation mise en scène par le frère de Nicola, Armando Pugliese, et sur une musique de Nicola Piovani.
Si l’on s’en tient aux faits, Malacqua est la chronique de quatre jours de pluie dans la ville de Naples, du 23 au 26 octobre d’une année indéterminée au cours desquels se produisent des événements étranges, dans une atmosphère d’attente, pas seulement de la fin du déluge mais surtout d’un événement extraordinaire. Cette longue et dense chronique d’un désastre commence par deux morts, à cause de la pluie, deux voitures englouties dans une crevasse.
Ce mauvais temps ne provoque pas seulement des éboulements et des effondrements. Dans l’incertitude hostile créée par la pluie se multiplient des faits inhabituels, prennent corps des présages et de noirs avertissements. La peur crée l’attente d’un événement extraordinaire et le roman se transforme alors en l’attente de cet événement absurde, irrationnel, capable de briser les perspectives mêmes de la vie.
Naples bien sûr est le vrai protagoniste de Malacqua. Ville de la pluie (il pleut beaucoup dans les livres des Napolitains a fait remarquer un critique), ville du rêve et de la spéculation immobilière, coeur de l’exploitation intensive sur le dos de ceux qui ne sont pas puissants. À travers les rues anciennes de la ville, les quatre jours de pluie alimentent un suspens appliqué aux raisons mêmes de l’existence. Et l’événement extraordinaire tant attendu trouve son origine fondamentale dans un sentiment ancestral des Napolitains : l’attente ambigüe qu’un « miracle » puisse intervenir pour améliorer leurs conditions de vie précaires.
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Une ville qui se décompose sous une pluie incessante, l’histoire étrange de quatre jours de pluie sur Naples dont les bâtiments et les gens souffrent, entendent des voix, attendent…une écriture originale qui se lit comme une musique. Très beau et unique roman de Nicola Pugliese traduit par Lise Chapuis, considéré comme un chef d’œuvre par Italo Calvino, aux éditions Do. Librairie Zenobi, Malakoff
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Malacqua, mise en scène Armando Pugliese,
frère de Nicola Pugliese, festival de théâtre de Naples, 2015